Les critiques des médias équivalent à une persécution de l’Eglise

Zimbabwe: Des organisations chrétiennes dénoncent les tentatives de division du pouvoir

Harare, 14 septembre 2004 (Apic) 8 organisations chrétiennes zimbabwéennes dénoncent les attaques « injustifiées » des médias contre les milieux religieux opposés à la politique du gouvernement. L’évêque sortant de l’Eglise méthodiste du Zimbabwe, Cephas Mukandi, a pour sa part lancé un appel à la tolérance en vue des élections parlementaires prévues au début de l’an prochain.

Les attaques « haineuses et injustifiées » portées contre l’archevêque catholique Pius Ncube de Bulawayo, et les efforts pour diviser et diffamer des institutions religieuses légitimes comme la Commission Justice et paix et la Communauté évangélique du Zimbabwe, ont été vivement critiqués par 8 organisations dans une déclaration publiée début septembre. Ces attaques « montrent le mépris et une culture d’intolérance dans un contexte de diabolisation des organisations de la société civile et des Eglises par le gouvernement zimbabwéen ».

Cette déclaration fait suite à une série d’attaques contre les responsables et les organismes religieux dissidents de la part des médias contrôlés par le gouvernement. En août, le président Robert Mugabe, dans un discours prononcé à l’occasion de l’installation du nouvel archevêque catholique de Harare, Robert Ndlovu, a accusé l’archevêque Pius Ncube de mener une croisade internationale visant à ternir l’image du Zimbabwe.

Appel à l’excommunication de Mugabe

De son côté, l’Union internationale des étudiants à Prague, qui représente les organisations d’étudiants dans le monde, a appelé l’Eglise catholique à excommunier Robert Mugabe, considéré par le responsable des affaires africaines de l’Union, Nicholav Kalav, comme le chef d’un « gouvernement répressif ».

Pour les organisations chrétiennes, les critiques des médias équivalent à une persécution de l’Eglise. C’est un stratagème visant à empêcher l’Eglise de dénoncer les « maux flagrants perpétrés contre l’ensemble de la population ». Les huit groupes signataires de la déclaration sont la Commission catholique Justice et paix, les Chrétiens ensemble pour la justice et la paix, les Eglises de la province du Manicaland, le Service oecuménique de soutien, la Communauté évangélique du Zimbabwe, le Groupe de travail oecuménique de Harare, la Conférence nationale des pasteurs du Zimbabwe, et le Mouvement chrétien des étudiants du Zimbabwe.

« Nous soutenons avec force les responsables de nos Eglises chaque fois qu’ils font entendre la voix de l’Eglise pour défendre les faibles et proclament prophétiquement le respect de la justice et de la paix dans notre pays », ont-ils lancé. Dans une déclaration séparée, l’évêque sortant de l’Eglise méthodiste du Zimbabwe, Cephas Mukandi, a lancé un appel en faveur de la paix avant les élections.

« Alors que le Zimbabwe est considéré comme un pays comptant 70 % de chrétiens, nos élections sont marquées par la violence, les violations des droits humains et les pertes de vies humaines », remarque Cephas Mukandi. L’évêque méthodiste en appelle à « tous les chrétiens et la nation en général à faire preuve de maturité, de tolérance et de fraternité, sans tenir compte des appartenances politiques de chacun ». Les lois très strictes imposées par le Zimbabwe empêchent les journalistes de rapporter ce qui se passe dans le pays. (apic/eni/be)

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