Enjeux éthiques liés à la votation populaire du 26 septembre

Neuchâtel: Les Eglises réformée et catholique chrétienne pour la naturalisation facilitée

Neuchâtel, 15 septembre 2004 (Apic) Les Eglises réformée évangélique et catholique chrétienne neuchâteloises se prononcent pour la naturalisation facilitée et l’allocation pour perte de gain en cas de maternité.

L’Eglise réformée évangélique et l’Eglise catholique chrétienne du canton de Neuchâtel s’inquiètent de la tournure prise par le débat sur la révision du droit de la nationalité et la modification de la loi sur les allocations pour perte de gain en cas de service ou de maternité.

Quand la campagne présente l’étranger comme une menace pour la cohésion nationale ou qu’elle met l’accent, presque uniquement, sur l’intérêt économique de telles réformes, les Eglises neuchâteloises souhaitent mettre en évidence les enjeux éthiques liés à la votation populaire fédérale du 26 septembre. « Ceux-ci relèvent des fondements judéo- chrétiens de notre société et constituent les lignes de force de notre tradition humaniste », soulignent-elles.

« Cela signifie, au niveau de l’Etat et pour la question de la naturalisation, que ce qui est prioritaire pour la nationalité, c’est la volonté de l’individu de participer à l’établissement et à l’organisation d’une communauté juste et pacifique à l’intérieur d’un territoire d’Etat », comme le rappelle le Conseil de la Fédération des Eglises Protestants de Suisse (FEPS).

Participer réellement à la construction et l’évolution du pays

La naturalisation reconnaît à l’individu sa dignité humaine et lui accorde le statut de sujet social et politique. En lui donnant l’ensemble des droits et des devoirs de tout Suisse, elle lui offre la possibilité de participer réellement à la construction et l’évolution du pays. A plus forte raison quand il s’agit d’un pays dans lequel il vit depuis de nombreuses années, travaille et a noué des amitiés – et ceci sans le considérer comme une menace pour la démocratie ou comme le simple maillon d’une chaîne économique, écrivent les Eglises.

« Comment peut-on en effet imaginer l’intégration d’une personne, quand son pays ne l’accueille pas comme son fils, comme sa fille ? Par ailleurs, comment intégrer les membres d’autres grandes traditions religieuses et leur permettre d’adhérer aux valeurs démocratiques, si leur nationalité continue à les marginaliser ? Comment leur est-il alors possible de collaborer avec les Eglises historiques au maintien de la paix religieuse et sociale, s’ils ne peuvent que très partiellement contribuer à la construction de la Suisse, de leur pays d’accueil ? », se demandent les Eglises neuchâteloises.

Soulignant que la famille constitue, aujourd’hui plus qu’autrefois, la pierre angulaire de l’humanisation de la société, les Eglises soulignent que l’Etat doit tout faire pour développer une politique familiale qui soutienne véritablement les personnes désireuses de fonder une famille, lieu privilégié de socialisation et de formation. Finalement, estiment les Eglises neuchâteloises, « aider les mères, c’est aider les pères, les enfants et, partant, la société entière ». (apic/com/be)

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