Ukraine: Le cardinal grec-catholique d’Ukraine souhaite l’érection d’un patriarcat ukrainien
Kiev, 17 septembre 2004 (Apic) Le cardinal Lubomyr Husar, archevêque majeur des Ukrainiens grecs-catholiques, rappelle son souhait de voir érigé un patriarcat en Ukraine et estime avoir le soutien de Jean Paul II.
Dans une lettre pastorale en date du 15 septembre 2004, le cardinal Lubomyr Husar rappelle en effet l’audience que Jean Paul II lui a accordée le 3 juin 2004 avec les membres du synode permanent de l’Eglise catholique ukrainienne. Il souligné que les propos alors délivrés par le pape étaient un ferme soutien au projet de création d’un patriarcat.
« Certains ont interprété les paroles du pape comme un échec de la cause du patriarcat », explique le prélat. « Au contraire, le souverain pontife a réaffirmé la légitimité d’une telle nécessité et a élevé l’idée de la création d’un patriarcat au niveau des justes attentes humaines ».
« Je partage votre aspiration à avoir une configuration pleine sur le plan juridique et ecclésiastique, bien fondée dans la discipline canonique et conciliaire », avait affirmé le pape le 3 juin 2004. « Je la partage dans la prière et même dans la souffrance, en attendant le jour voulu par Dieu où je pourrai confirmer, en tant que successeur de l’apôtre Pierre, le fruit désormais mûr du développement de votre Eglise », avait-il ajouté.
En attendant, avait cependant poursuivi Jean Paul II, « vous savez très bien que votre demande est très sérieusement étudiée, y compris à la lumière des avis des autres Eglises chrétiennes ». « Que cette attente ne soit pas un frein à votre courage ».
Beaucoup d’observateurs avaient alors jugé ces propos comme un enterrement du projet d’élévation de l’archevêché majeur grec-catholique d’Ukraine en patriarcat. Dans sa lettre pastorale, le cardinal Husar réaffirme sa volonté de voir créer ce siège patriarcal, expression « du développement total de l’Eglise ». Le prélat ukrainien ne manque pas d’épingler « l’opposition agressive » des orthodoxes à ce projet. « Ils ne connaissent pas notre histoire et notre situation actuelle, nos besoins spirituels ». « Le pape bénira certainement le patriarcat de Kiev », prédit l’archevêque de Lviv.
Détermination
Depuis des temps immémoriaux, l’Eglise catholique orientale ukrainienne demande avec insistance au Saint-Siège l’élévation de son archevêché au rang de patriarcat. Le cardinal Husar poursuit cette quête avec détermination. Mais les orthodoxes russes voient d’un très mauvais oeil cette réforme qu’il considère comme la marque d’un prosélytisme catholique avancé. La question divise la curie, car elle pourrait remettre en cause le dialogue oecuménique avec l’Eglise orthodoxe.
Le cardinal Husar, archevêque de Lviv, a transféré son siège à Kiev (capitale du pays, considérée par les orthodoxes slaves comme la ville de leur baptême), dans une région à majorité orthodoxe, à l’automne 2003. Cette translation avait provoqué une réaction très vive de la part des orthodoxes russes.
L’opposition virulente de l’Eglise orthodoxe russe au projet de création d’un patriarcat des grecs-catholiques suscite, entre autres, la colère des nationalistes ukrainiens, qui craignent de voir le Saint-Siège céder aux demandes de Moscou sur le sort de l’une des Eglises du pays.
Controverses
Le projet d’un patriarcat uniate en Ukraine a fait l’objet de controverses tant dans le monde catholique que chez les orthodoxes. Suite au voyage en Russie du cardinal Walter Kasper, président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, en février 2004, une commission mixte composée de catholiques et d’orthodoxes, a été mise en place pour étudier et trouver des solutions aux points d’achoppement entre l’Eglise orthodoxe russe et l’Eglise romaine, en particulier sur la question du patriarcat ukrainien. Cette commission doit se réunir au niveau local au mois d’octobre 2004. (apic/imedia/hy/pr)
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