Rome: Le pape condamne la violence du terrorisme et des conflits au Proche- Orient
Rome, 19 septembre 2004 (Apic) Le pape Jean Paul II a lancé un nouvel appel en faveur de la paix en Irak et au Proche Orient, dénonçant « le terrorisme qui frappe cruellement les innocents ». A l’occasion de la réception, le 18 septembre, de la nouvelle ambassadrice de la République arabe d’Egypte près le Saint-Siège, Nevine Simaika Halim, le pape a déploré la violence qui révèle son horreur et son incapacité à résoudre les conflits.
Recevant samedi Nevine Simaika Halim – une diplomate de 56 ans, mère d’une fille – venue lui présenter ses lettres de créance à Castel Gandolfo, le pape a d’abord salué le président égyptien Hosni Moubarak et l’a remercié pour sa message de voeux courtois. Le Souverain pontife a ensuite approuvé l’ambassadrice égyptienne quand elle a évoqué la nécessité d’édifier une culture de la paix, afin de permettre une réelle solidarité entre les hommes et de donner de vraies chances à un avenir de concorde entre les nations.
La Terre Sainte défigurée par un conflit sans fin
Dans un long discours en français, Jean Paul II a condamné fermement les conflits en Irak et dans une Terre Sainte « défigurée par un conflit sans fin qui se nourrit des haines et des désirs de vengeance réciproques » ainsi que le terrorisme « qui frappe si cruellement des innocents ».
« En ces temps troublés, il ne pourra y avoir d’apaisement durable dans les relations internationales que si la volonté de dialogue prévaut sur la logique de l’affrontement », déclare le Souverain pontife. « Que ce soit en Irak, où le retour à la paix civile semble si difficile à instaurer, en Terre Sainte, malheureusement défigurée par un conflit sans fin qui se nourrit des haines et des désirs de vengeance réciproques, ou dans d’autres pays meurtris par le terrorisme qui frappe si cruellement les innocents, partout la violence révèle son horreur et son incapacité à résoudre les conflits », regrette-il.
S’adressant, par l’intermédiaire de la nouvelle ambassadrice, à la République arabe d’Egypte, mais plus généralement à tous les pays musulmans de la région, le pape rappelle ainsi « la nécessité d’édifier une culture de la paix, afin de permettre une réelle solidarité entre les hommes et de donner de vraies chances à un avenir de concorde entre les nations ».
La violence ne produit rien de bon, sinon la haine, la destruction et la mort, a insisté Jean Paul II qui appelle une fois encore la Communauté internationale à ses responsabilités, « pour favoriser le retour à la raison et à la négociation, seule issue possible aux conflits entre les hommes, car tous les peuples ont droit de vivre dans la sérénité et la paix ».
Les religions sont appelées à s’engager résolument à dénoncer et à refuser tout recours à la violence comme contraire à leur propre finalité, a ajouté par ailleurs le Souverain pontife en insistant sur le fait que les religions ont un rôle important à jouer dans cette « mission essentielle pour l’avenir de l’humanité qu’est la construction de la paix ».
Les religions ont une responsabilité importante à assumer
Pour le pape, les religions doivent diffuser un enseignement qui honore la vie comme un don sacré de Dieu que l’homme doit respecter et chérir. Elles ont ainsi une « responsabilité importante à assumer dans les contenus de leur enseignement, afin que soit combattue et rejetée toute approche sectaire et que soit, au contraire, développé et favorisé tout ce qui permet une découverte plus approfondie et le respect d’autrui ».
La liberté de culte et de religion est le troisième point-clef du discours du pape qui compte fortement sur la vigilance des autorités égyptiennes pour assurer en particulier à tous les citoyens le principe de la liberté de culte et de religion. Pour Jean Paul II, cette liberté est une forme éminente de la liberté des personnes et fait donc partie des droits humains fondamentaux.
Pour Jean Paul II, si la première responsabilité de l’Etat est d’assurer la paix, le bien être et la sécurité des citoyens, cela implique également l’égalité de tous devant la loi ainsi que le respect mutuel et la bonne entente entre les différentes composantes de la nation.
Non à la discrimination
Le Souverain pontife appelle ainsi à l’attention de tous les responsables de la société civile pour que ces droits des personnes soient effectivement respectés partout où vivent des communautés de chrétiens, sans qu’ils n’aient à craindre aucune forme de discrimination ou de violence.
Enfin, soulignant le rôle essentiel de l’Université d’Al-Azhar du Caire dans le monde musulman, le pape invite chrétiens et musulmans à poursuivre le dialogue interreligieux et à développer une meilleure connaissance réciproque des traditions et des mentalités des deux religions. Si les rencontres entre responsables religieux sont importantes, « il convient également de susciter le respect et le désir de connaissance mutuelle au niveau des personnes et des communautés de croyants, dans les villes et les villages », a encore prôné le Souverain pontife.
Quant à la petite communauté catholique en Egypte qui compte différents rites, Jean Paul II souhaite que les fidèles aient toujours à coeur de développer entre eux des relations fraternelles et constructives. Le pape l’invite également à collaborer avec l’Eglise copte orthodoxe et l’Eglise grecque orthodoxe, « actuellement éprouvée par la mort tragique de son pasteur, sa Béatitude Petros VII, patriarche d’Alexandrie et de toute l’Afrique », dans des activités communes au service de l’homme.
Notons que le pape Jean Paul II a toujours été favorable au dialogue entre les grandes religions monothéistes. Premier pape de l’histoire à être entré dans une synagogue, en 1986 à Rome, il s’est également rendu dans la grande mosquée des Omeyyades lors de sa visite pastorale en Syrie en mai 2001. (apic/imedia/bbl/be)
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