Iran: Les baha’is dénoncent l’»épuration culturelle» qui les vise en Iran

Campagne de sensibilisation pour dénoncer les violences

Paris, 22 septembre 2004 (Apic) Les baha’is de France, minorité religieuse d’Iran dénoncent une « épuration culturelle » menée à leur encontre en Iran par le gouvernement de la République islamique, dans un encart paru dans Le Monde daté de mercredi.

Selon le texte, l’Iran livre depuis 25 ans « une guerre sans merci » aux baha’is. « Dans leur volonté farouche de débarrasser l’Iran de sa communauté baha’ie et de faire disparaître jusqu’à son souvenir, voici que les fondamentalistes au pouvoir se mettent à détruire le patrimoine culturel de leur propre pays ». Ce n’est pas la première fois que la communauté baha’is dénonce les violences commises à son encontre.

Celle-ci rappelle la destruction antérieure d’un lieu de pèlerinage, la demeure du Bâb à Chiraz, ainsi que la confiscation de cimetières, la destruction des tombeaux de personnages historiques pour les baha’is et la profanation du sépulcre de Quddus, l’un de leurs apôtres.

Cette campagne s’inscrit dans le cadre d’une action internationale des baha’is, débutée le 12 septembre par la publication d’une lettre ouverte dans le New York Times, selon le site internet des baha’is de France.

La communauté baha’ie d’Iran estime qu’elle est la plus importante minorité religieuse du pays. Elle revendique 350’000 membres dans ce pays.

Sans clergé ni dogme

La religion bahá’ie a tout juste un peu plus de 160 ans d’existence et elle reste persécutée comme à ses débuts dans son pays d’origine, l’Iran. Elle a pris corps à partir d’un mouvement de renouveau social et religieux auquel Hossein Ali Nouri (1817- 1892), désormais vénéré sous son nom religieux de Bahá’ulláh (« Gloire de Dieu »), a donné corps à la suite du Báb. Il a enseigné qu’il n’y a un seul Dieu, que toutes les religions du monde constituent des étapes successives de la révélation de Dieu pour l’humanité, race unique des humains. Reconnu comme le messager divin universel annoncé par le Báb, Bahá’ulláh a été à son tour persécuté et contraint par les Turcs en même temps que plusieurs disciples, il fut emprisonné de 1852 à 1877. Il est mort à Akkà, c’est-à-dire à Saint-Jean- d’Acre, où les bahá’is vénèrent également son tombeau.

Née dans l’ancienne Perse, actuellement l’Iran, cette foi, sans clergé ni dogme, s’est propagée dans le monde où elle est presque aussi répandue géographiquement que le christianisme Cette religion compte plus de cinq millions de fidèles dans 235 pays et territoires dépendants.

. Lors de la naissance de la république islamique en 1979, cette religion syncrétique, fondée en Perse en 1863, a été marginalisée et persécutée.

Au niveau européen, les baha’is sont présents dans plus de 6’000 localités et ils ont établi quelque 976 conseils dirigeants élus localement qui administrent leurs communautés. Ils ont des conseils nationaux dans 37 pays et territoires européens, dont la Suisse, où ils sont actifs depuis 1903. (apic/ag/ac/pr)

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