Rome: Message du pape pour la 13e Journée mondiale des malades
Rome, 29 septembre 2004 (Apic) Le pape Jean Paul II a lancé mercredi un appel à combattre le sida par la chasteté et par une « sexualité correcte » dans un message, écrit à l’occasion de la prochaine Journée mondiale du malade. Surtout, il se penche sur les ravages que cause ce fléau en Afrique. Auprès des enfants en particulier.
Jean Paul II rappelle également les moyens nécessaires pour lutter contre le sida en Afrique, dans son message pour la 13e Journée mondiale des malades qui se déroulera le 11 février 2005 à Yaoundé au Cameroun. Le texte, signé le 8 septembre, a été publié le 29 septembre 2004.
Cette journée « offre l’opportunité de manifester une solidarité concrète aux populations du continent africain, touchées par de graves carences sanitaires », souligne le pape, rendant hommage à la culture africaine « pleine de joie, de rythme et de musique », mais dévastée par la guerre et les maladies, en particulier par « le fléau du sida ».
« Dans la lutte contre le sida, nous devons tous nous sentir concernés », écrit Jean Paul II, soulignant que l’engagement de l’Eglise dans ce combat en Afrique n’était pas dû à une « compassion philanthropique ». « Dans le cours des dernières années, j’ai pu constater que mes appels en faveur des victimes du sida ne sont pas restés vains », s’est-il réjoui.
L’urgence de trouver des réponses
« J’ai déjà eu l’occasion de souligner, dans d’autres circonstances, que le drame du sida se présente aussi comme une pathologie de l’esprit ». « Pour le combattre de façon responsable, il est nécessaire de développer la prévention par l’éducation à la vie, une valeur sacrée, et à la formation à une pratique correcte de la sexualité. En effet, si la contagion passe souvent par les échanges sanguins, en particulier durant les grossesses, les contagions par voies sexuelles sont bien plus nombreuses et pourraient être évitées par une conduite responsable et l’observation des vertus de la chasteté », insiste le pape.
Ce dernier demande « aux gouvernements et aux autorités civiles des informations claires et correctes au service des citoyens », et de « dédier des fonds suffisants à l’éducation des jeunes ». Il demande aux organismes internationaux de promouvoir « des initiatives inspirées de la sagesse et de la solidarité, dans le but de toujours défendre la dignité humaine et de soutenir les droits inviolables à la vie ».
« C’est proprement dans la maladie que se trouve l’urgence de trouver des réponses adéquates aux dernières questions regardant la vie de l’homme: les questions sur le sens de la douleur, de la souffrance et de la mort, qui ne doit pas être considérée comme une énigme à laquelle il faut péniblement se confronter », insiste encore le pape.
Le prix des médicaments
Jean Paul II salue par ailleurs les industries pharmaceutiques « qui s’engagent à maintenir à prix bas des médicaments pour lutter contre le sida. Certes, des ressources économiques pour la recherche scientifique dans le domaine sanitaire sont encore nécessaires pour rendre commercialisables les médicaments découverts mais, face à une urgence comme celle du sida, la sauvegarde de la vie humaine doit primer sur tout ».
Jean Paul II remercie et encourage enfin les religieux et les bénévoles des institutions sanitaires catholiques qui travaillent, « bien souvent de façon héroïque », sur le terrain et au milieu de conflits armés.
Le message de Jean-Paul II pour la 13e Journée mondiale des malades se termine par une prière à la Vierge, qu’il a lui même composée. Il y appelle Marie à se pencher sur l’Afrique et sur les victimes du sida.
L’enseignement de Jean Paul II quant à la lutte contre le sida n’a jamais varié. Très attentif au sort du continent africain, où l’épidémie a fait plus de 20 millions de morts, il avait expliqué en février 1993 dans le stade de Kampala en Ouganda, que « le contrôle de soi et la chasteté sont les seuls moyens sûrs et vertueux pour mettre un terme à la tragédie du sida ».
Dans son message de carême du 29 janvier 2004, le pape avait aussi appelé l’humanité à ne pas « fermer les yeux devant un drame aussi préoccupant » que celui des enfants victimes du sida.
Les enfants, premières victimes
« Si tant d’enfants meurent du sida en Afrique, c’est qu’ils n’ont pas les médicaments nécessaires », avait par ailleurs affirmé Mgr Paul Josef Cordes, président du Conseil pontifical Cor Unum, lors d’une conférence de presse de présentation du message de Carême, le 20 janvier 2004. Le prélat allemand avait alors rappelé que « le Saint-Siège a entrepris diverses initiatives pour faire pression sur les grandes entreprises pharmaceutiques » afin que les médicaments nécessaires à la lutter contre le sida puissent être rendus accessibles aux plus pauvres.
Quelques mois auparavant, en septembre 2003, le cardinal brésilien Claudio Hummes, qui représentait le Saint-Siège à l’assemblée plénière des Nations Unies à New York, avait attiré l’attention de la Communauté internationale sur la situation des enfants victimes par millions du sida. (apic/imedia/hy/pr)
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