Rome: Le ministre des Affaires étrangères français reçu au Vatican le 2 octobre
Rome, 29 septembre 2004 (Apic) Le pape Jean Paul II recevra le 2 octobre 2004 au Vatican le ministre des Affaires étrangères français Michel Barnier. La question de l’adoption de la Constitution européenne par les 25 membres de l’Union pourrait être au coeur des entretiens que le ministre aura avec le pape et les membres de son entourage. Le ministre doit représenter son gouvernement lors de la cérémonie de béatification de cinq nouveaux bienheureux, dont deux Français, le 3 octobre.
Selon des sources diplomatiques françaises, la venue du ministre au Saint-Siège permettra «un échange de vue sur les questions internationales, de préciser des positions, de confronter des informations» sur l’Irak, l’Afrique, la situation au Proche-Orient, et surtout l’adoption de la Constitution de l’Union européenne.
Soutien du Vatican demandé ?
En effet, selon ces mêmes sources diplomatiques, le ministre français pourrait demander au cours de ses entretiens avec le pape, puis avec le cardinal Angelo Sodano, secrétaire d’Etat du Saint-Siège, un soutien du Vatican pour aider à l’adoption du projet constitutionnel par les 25 pays de l’Union. En effet, la diplomatie française estime que, malgré le refus de l’inscription de l’héritage chrétien de l’Europe dans le préambule de la future constitution, le Saint-Siège a malgré tout accueilli favorablement le texte.
La France s’était particulièrement opposée à cette inscription dans le projet constitutionnel. Aujourd’hui, les partis politiques des différents pays de l’Union se divisent sur l’approbation de ce texte qui doit être ratifié à la virgule près par chacun des 25 pays, soit par voie parlementaire, soit par voie référendaire, avant de pouvoir entrer en vigueur.
Le Vatican avait déploré l’absence de mention des racines chrétiennes de l’Europe
Le Vatican, par la bouche de son porte-parole, Joaquin Navarro-Valls, avait exprimé «sa satisfaction pour cette nouvelle et importante avancée dans le processus d’intégration européenne, toujours souhaitée et encouragée par le pape», le 19 juin 2004, au lendemain de l’adoption de la Constitution européenne par les chefs d’Etat et de gouvernements des 25 pays membres de l’Union réunis à Bruxelles. Le Saint-Siège avait cependant exprimé «des regrets pour l’opposition de certains gouvernements à la reconnaissance explicite des racines chrétiennes de l’Europe».
Au cours de ses entretiens au Vatican, Michel Barnier sera entre autres accompagné de collaborateurs de la présidence de la République, du préfet Bische, membre du cabinet du Premier ministre, du responsable pour les affaires religieuses du ministre des Affaires étrangères et du porte- parole du Quai d’Orsay. Michel Barnier a déjà rencontré Jean Paul II en tant que ministre délégué aux Affaires européennes (1995-1997), puis en tant que commissaire européen chargé de la politique régionale (1999-2004). Il avait alors représenté la Commission européenne aux fêtes pour le 25e anniversaire du pontificat et lors de la béatification de Mère Térésa.
Dominique de Villepin, le prédécesseur de Michel Barnier au Quai d’Orsay, avait été reçu par Jean Paul II le 4 avril 2003. Le dossier irakien mais aussi la crise israélo-palestinienne avaient alors été longuement abordés. (apic/imedia/yh/be)
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