Quand l’Esprit rencontre la Nature

Savoie: Le Forum Ecologie et Spiritualité attend un grand nombre de participants

Saint-Hugon/Savoie, 30 septembre 2004 (Apic) De 500 à 600 personnes sont attendues au Forum Ecologie et spiritualité qui se déroulera du 2 au 4 octobre 2004 à l’Institut Karma Ling, Domaine d’Avalon, en Savoie.

L’objectif de ce Forum est de faire se rencontrer et converger les grandes traditions spirituelles et les mouvements écologiques et citoyens. Le Forum est organisé par le WWF-France, l’organisation bouddhique «Université Rimay Dharma Orient-Occident» (UDHAO) et l’association «Le Singulier Universel».

La rencontre entre Ecologie et Spiritualité aura lieu les 2, 3,4 octobre 2004 à l’Institut Karma Ling au Domaine d’Avalon, en Savoie. Cet événement s’inscrit dans le cadre des rencontres inter-traditions organisées par le Sangha Rimay (confrérie mixte dans la tradition du Bouddha) et des initiatives promues par le WWF pour sensibiliser les traditions spirituelles à la protection de l’environnement. Seront partenaires également de cette expérience, la Fondation Diagonale Suisse, dont l’objectif est d’allier la responsabilisation de l’être humain et son élévation spirituelle à des actions concrètes de développement durable, Terre Vivante et le Centre théologique de Meylan. La manifestation mettra à l’honneur des personnalités comme Terry Goldsmith, Jean-Marie Pelt, Jacques Brosse, David Abram, Pierre Rabhi et le lama Denys Teundroup, ainsi que des représentants de traditions premières d’Amazonie.

Les trois jours du Forum ne seront pas faits seulement de réflexions et de débats, mais aussi de partages, de découvertes et d’expériences pratiques dans des ateliers, de communion dans la méditation et de spectacles de danse et de chant. Il devrait déboucher sur une plate-forme commune servant d’instrument de sensibilisation dans divers milieux.

Une vision éco-spirituelle d’unité dans la diversité

Selon le communiqué de presse des organisateurs du Forum, un des fils rouges des discussions sera l’exil de la nature: «La coupure entre l’être humain et le monde naturel est un thème fondamental dans la plupart des traditions spirituelles. Aggravée par la civilisation occidentale, cette séparation se révèle être la cause de dégradations sur le point d’être irréversibles: manipulations génétiques, dérèglements climatiques, pénurie d’eau potable, extinction des espèces, mort des écosystèmes, marchandisation du vivant..»

Il devient donc nécessaire, toujours selon le communiqué, d’instituer le «crime contre-nature» comme il existe le «crime contre l’humanité». Notre survie dépendrait donc «d’une prise de conscience très rapide et d’une transformation des mentalités.» Les moyens préconisés pour y arriver seraient, selon le Forum, à la fois «la mise en place de modèles économiques et consuméristes viables» et «une transformation intérieure des personnes, source d’une vision renouvelée du rapport de l’homme à la nature, dans laquelle les traditions spirituelles ont un rôle primordial à jouer».RZ

Encadré

La place de l’écologie dans les traditions spirituelles

Le Forum se propose en outre de faire le point sur les relations qu’entretiennent les différentes religions avec l’environnement. Ainsi, dans les traditions premières (notamment des indigènes d’Amazonie), écologie et spiritualité sont indissociables. L’équilibre et l’harmonie ne peuvent être obtenus que dans le respect total de tous les êtres. La tradition bouddhiste est, elle, implicitement écologiste, au sens où elle enseigne l’interdépendance de tous les phénomènes dans une vision du cosmos qui invite à la responsabilité universelle.

Au sein de la tradition catholique, la sensibilité écologique découle du souci primordial de conservation de la création de Dieu. Ceci en vertu de la mission qui a été confiée par Dieu à l’homme de «garder et développer son oeuvre» (Genèse 2.15). Pour le chrétien orthodoxe, en devenant chair, le Verbe a renouvelé non seulement l’humanité, mais toute la création, en faisant un lieu possible de réconciliation et de communion avec Dieu. L’orient chrétien a toujours maintenu la vision d’une énergie divine au coeur de toutes choses.

Selon la tradition protestante, la foi en un Dieu trinitaire, source de toute vie, fonde l’attitude du chrétien à l’égard de la création dont l’homme est l’intendant, le gardien. La dimension écologique de la spiritualité musulmane repose principalement sur la dimension cosmique du Coran. Le livre saint et les phénomènes de la nature sont des signes qui disent mystérieusement l’absolu.

Pour ce qui relève de la tradition juive, malgré le fait que les lois talmudiques ont aussi un fondement profondément lié à la nature, un verset de la Genèse a toujours posé problème quant à la responsabilité écologique de l’homme: «Soyez féconds, multipliez, remplissez la terre, et l’assujettissez, et dominez sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel et sur tout animal qui se meut sur la terre.» (Genèse 1.28). La tradition hindoue sikh explique les relations qui unissent l’homme à son milieu naturel à l’aide d’une strophe de leur livre sacré, le JAP JI: «L’air est le Guru, l’Eau est le père, la terre est notre grande mère.» RZ

Renseignements complémentaires: WWF-France, Thierry Thouvenot, tél:+33 (0) 155 25 84 41; E-mail: tthouvenot@wwf.fr; Le Singulier Universel, Mohammed Taleb, tél:+33 6 67 12 92 66; E-mail: cardabelle_Taleb@yahoo.fr wwf.fr ; Fondation Diagonale, Michel-Maxime Egger, tél:+41 21 729 85 53, E-mail: egger@fondationdiagonale.org www.fondationdiagonale.org (apic/com/rz)

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