Principal objectif commun avec l’ONU

New York: Le Saint-Siège propose des pistes pour mener à bien la paix dans le monde

New York/Rome, 1er octobre 2004 (Apic) Le Vatican adhère pleinement à la volonté, manifestée par l’ONU dans son rapport annuel, de donner la priorité à la prévention des conflits et au maintien de la paix dans le monde, «le bien suprême».

Dans son discours du 29 septembre 2004 à New York, prononcé à l’occasion de la 59e Session de l’Assemblée générale des Nations unies, Mgr Giovanni Lajolo, secrétaire du Saint-Siège pour les relations avec les Etats, a expliqué la position romaine. Le prélat y a développé la position du Saint-Siège sur certains thèmes essentiels, et annoncé qu’il donnerait bientôt son avis sur la réforme de la structure de l’Onu.

Plusieurs des thèmes inclus dans l’agenda de cette Assemblée générale peuvent être considérés comme essentiels pour atteindre l’objectif suprême de la paix et pour l’avenir de l’humanité, a tout d’abord expliqué le «ministre des Affaires étrangères» du Vatican, en présentant la position du Saint-Siège sur certains points.

Rome critique sur la politique américaine en Irak

Concernant l’Irak, le prélat a souligné que tout le monde pouvait voir que l’action militaire entreprise en 2002-2003 n’avait pas mené à un monde plus sûr tant à l’intérieur du pays, qu’à l’extérieur. «Le Saint- Siège considère qu’il est maintenant impératif de soutenir le gouvernement actuel dans ses efforts pour ramener le pays à la normale, et à un système politique substantiellement démocratique et en harmonie avec les valeurs de ses traditions historiques», a-t-il encore affirmé.

A propos du terrorisme, «phénomène aberrant, absolument indigne de l’homme, qui a déjà pris des dimensions mondiales», Mgr Lajolo a estimé qu’aucun Etat ne pouvait s’en prétendre à l’abri aujourd’hui. Il a reconnu le droit et le devoir à chaque Etat de mettre en place des mesures justes pour protéger ses citoyens et ses institutions.

Il semble évident, pour le Saint-Siège, que le terrorisme ne peut être effectivement défié qu’à travers une approche multilatérale, «et non pas à travers des politiques d’unilatéralisme», a-t-il aussi soutenu. Si neutraliser les groupuscules est un moyen primordial pour lutter contre le terrorisme, il est également important de mener une action de long terme visant à en éradiquer les racines, a-t-il tenu à rappeler.

«Le Saint-Siège et l’Eglise catholique entière sont impliqués de façon active dans ce travail», d’une part à travers ses institutions éducatives et charitables et d’autre part à travers le dialogue interreligieux, a expliqué le prélat. «Le Saint-Siège sera toujours reconnaissant envers les autorités des autres religions manifestant l’ouverture à un tel dialogue ainsi qu’envers les autorités civiles l’encourageant sans immixtion politique, respectant la distinction entre la sphère civile et la sphère religieuse et le droit humain fondamental de liberté de religion», a-t-il encore rappelé.

Israël-Palestine: la nécessité du pardon mutuel

Parmi les innombrables conflits régionaux armés, l’archevêque a aussi souhaité mentionner les conflits israélo-palestinien et ceux touchant différents pays d’Afrique. Les autorités israéliennes et palestiniennes ont «le sérieux devoir de manifester leur désir de paix», a-t-il lancé, insistant sur «la nécessité du pardon mutuel, qui requiert un courage moral plus grand que l’usage des armes».

Les pays africains comme le Soudan, la Somalie, les pays de la région des Grands Lacs ou la Côte d’Ivoire, «ensanglantés par des querelles réciproques mais encore plus par des conflits internes, ont besoin d’une solidarité internationale active», a affirmé le prélat. L’Union africaine, qui doit intervenir de façon autoritaire «pour amener toutes les parties légitimes interessées autour de la table des négociations», mérite «reconnaissance et soutien», a-t-il poursuivi. «Des centaines de millions d’être humains survivent du mieux qu’ils peuvent au-dessous du seuil de subsistance, comme des dizaines de millions d’enfants malnutris et injustement privés du droit de vivre», a par ailleurs rappelé Mgr Giovanni Lajolo. «L’urgence de la situation ne peut tolérer de délais. C’est une question de justice, pas de charité», s’est-il exclamé. «Afin de trouver une solution durable à ces conditions inhumaines, il est nécessaire d’avancer, sous l’égide de l’Onu, vers un système d’échange international plus flexible et plus juste», a-t-il expliqué.

Le Vatican rappelle le droit à la liberté de religion

Soulignant que le droit à la liberté de religion faisait partie des droits de l’homme fondamentaux de la Déclaration universelle des droits de l’homme, approuvée par l’Onu en 1948, il a aussi rappelé que «le droit à la vie de tout individu» s’y intégrait aussi. «Si le Saint-Siège réitère son soutien pour la recherche et l’usage des cellules souches adultes», il souhaite aussi la mise en place d’une convention claire qui résulterait dans l’interdiction du clonage humain, a-t-il affirmé, annonçant que dans quelques semaines, l’Assemblée générale de l’Onu reprendrait son débat sur le clonage humain.

Mgr Lajolo, reprenant le thème choisi par Jean Paul II pour la prochaine Journée mondiale pour la paix, a également appelé «à un plus grand ordre international». Il peut être apporté en donnant aux organisations comme l’Onu des prérogatives spéciales afin de faciliter l’action pour prévenir les conflits en périodes de crises internationales, et également une intervention humanitaire, «soit une action visant à désarmer l’agresseur», quand cela est absolument nécessaire, a-t-il poursuivi. Le Saint-Siège donnera la semaine prochaine une évaluation explicite des premiers résultats de la Commission mise en place par l’Onu afin d’étudier l’évolution de ses structures, à l’occasion du débat sur le sujet, a finalement expliqué Mgr Lajolo.

«L’Onu pourra toujours compter sur le Saint-Siège, non seulement en tant qu’attentif observateur permanent, mais aussi comme compagnon de voyage», a conclu le prélat italien, rappelant le lien de coopération particulier existant entre le Siège apostolique et les Nations unies depuis 1964. C’était la première fois que le Saint-Siège intervenait depuis la résolution du 1er juillet formalisant officiellement son statut d’observateur permanent. (apic/imedia/ar/be)

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