Visite «ad limina» des évêques colombiens
Rome, 1er octobre 2004 (Apic) Le pape déplore les nombreux actes de violence en Colombie, le séquestration des personnes et le trafic de drogue. C’est ce qu’a dénoncé Jean Paul II devant les évêques de ce pays en visite «ad limina» à Rome.
Recevant les évêques colombien à l’occasion de leur visite à Rome, Jean Paul II leur demandé de continuer leurs efforts pour lutter contre la violence en Colombie, la séquestration des personnes, le trafic de drogue et toutes ses conséquences. Dans un long discours remis à la quarantaine de prélats reçus au Vatican dans la matinée du 30 septembre 2004, le pape s’est également réjoui du «dynamisme» de cette Eglise locale.
«La séquestration des personnes est un phénomène notoire qui a pris une grande ampleur et détruit des milliers de famille», a déploré le pape ajoutant que «ce fléau démontre, encore une fois, la perversion que peut atteindre la bassesse humaine, lorsque l’on perd, au nom d’intérêts sinistres, la perspective morale. Pour le souverain pontife, «la plupart de ces maux ont pour origine le trafic de drogue et ses ramifications dans de nombreux secteurs qui, depuis tant d’années, affligent ce pays, avec des conséquences négatives incalculables dans tous les domaines de la vie sociale». Jean Paul II a ainsi encouragé l’Eglise colombienne dans «ses efforts pour éradiquer la violence, en éliminer les causes et atténuer ses effets», par une attention spéciale aux victimes. Il a appelé «à abandonner le langage des armes et entreprendre un chemin de dialogue pacifique».
Le pape salue le nombre croissant de vocations
Dans son long discours en espagnol, le pape s’est en outre réjoui des «facteurs décisifs» pour l’évangélisation de ce pays, comme le «nombre croissant des vocations au sacerdoce et à la vie consacrée», ainsi que la présence importante des instituts religieux, ce que le pape a qualifié de «patrimoine inestimable».
Abordant ensuite «un phénomène réellement préoccupant», à savoir «la perte de la morale», le souverain pontife a regretté «les idéologies qui nient la nature humaine» et les «fausses valeurs» qui «mettent également en danger l’authenticité même de la foi» dans son engagement cohérent pour la vie.
Pour le pape, il est donc du devoir des évêques de «proclamer la justice, la vérité, la fidélité et l’amour du prochain» et de «dénoncer les hypocrisies et les excès», même s’il faut parfois aller à contre-courant et «ne pas être tenté de rechercher la facilité». Jean Paul II s’est enfin arrêté sur la réflexion récente de l’Eglise en Colombie quant à l’importance de «l’initiation chrétienne».
Pour le souverain pontife, «inculquer une foi vive, solide et complète» est une «priorité», surtout dans les familles, les écoles et la communauté chrétienne elle-même.
L’Eglise locale intermédiaire entre les révolutionnaires et le gouvernement
Le cardinal de Bogota, Pedro Rubiano Saenz, pour sa part, a insisté sur la construction de la paix en Colombie et le chemin de réconciliation et de la justice sociale. L’Eglise locale joue en effet un rôle de négociateur entre le gouvernement et les différents groupes rebelles.
Interrogé par Radio Vatican le 23 septembre 2004, l’évêque de Tunja, Mgr Luis Augusto Castro Quiroga, avait quant à lui souligné la «difficulté de dialoguer avec les FARC» (Forces armées révolutionnaires de Colombie), qui ont enlevé une soixantaine de personnes. «Le choix du gouvernement est de ne pas dialoguer directement, mais de le faire par le bais d’intermédiaire», avait-il déclaré.
Il a encore précisé que c’est ainsi «l’Eglise locale qui a facilité les discussions ayant amené à un rapprochement des deux parties». «Il est urgent de trouver une solution», avait-il ajouté, «car le FARC a actuellement entre ses mains une soixantaine de personnes» outre les trois mille personnes encore séquestrées pour des motifs économiques. L’évêque colombien de Yopal, Mgr Misel Vacca Ramirez, avait été enlevé par ce groupe de rebelles en juillet dernier puis relâché une semaine plus tard. (apic/imedia/bb/vb)
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