Etats-Unis: L’archevêque de St-Louis intervient dans la campagne des présidentielles
St-Louis, 4 octobre 2004 (Apic) Dans sa dernière lettre pastorale, Mgr Raymond Burke, archevêque catholique de St-Louis, exhorte les catholiques à voter en accord avec la doctrine de l’Eglise. Sans explicitement l’affirmer, Mgr Burke semble bel et bien inviter à voter pour le protestant George W. Bush au détriment du catholique John Kerry. Pour lui, en effet, pas question de transiger sur la valeur de la vie.
Pris à partie par les militants démocrates, l’archevêque de St-Louis maintient ferme sa position. Dans sa dernière lettre pastorale datée du 1er octobre et intitulée «Notre responsabilité civique pour le bien commun», Mgr Burke estime que les questions concernant la vie, l’avortement et le mariage de personnes du même sexe devraient être des priorités pour les électeurs catholiques quand il s’agit de décider quel candidat choisir. Il estime que le sécularisme est responsable du fait que certains catholiques donnent la priorité à d’autres problèmes sociaux. Pour l’archevêque de St- Louis, pas question de mettre la peine de mort
Dans sa lettre pastorale publiée dans le «St. Louis Review Archdiocesan Newspaper», Mgr Burke expose les enseignements de l’Eglise à propos de la responsabilité civique individuelle dans le choix des dirigeants politiques. Ainsi, selon l’archevêque, la lettre confirme et clarifie ce qu’il a déjà dit à propos du fait que «voter, de la part d’un catholique, pour un politicien qui prône l’avortement, l’euthanasie, la recherche sur les cellules souches, ou encore le mariage homosexuel, constitue un péché.»
Une incitation à voter pour le candidat républicain ?
Ces derniers éléments sont des points notoirement connus de la politique du candidat démocrate John Kerry. Il est donc évident q ue le texte de l’archevêque est une incitation à voter pour le candidat républicain George W. Bush. Chose plutôt paradoxale puisque ce dernier est protestant et que John Kerry est catholique. Pourtant Mgr Burke se défend de l’accusation de parti pris politique: «Je ne fais pas de commentaires sur un quelconque politicien ou sur un quelconque parti politique, estime-t- il. Ce que je présente ici est juste la doctrine catholique. Les gens devraient utiliser ces éléments pour se faire une opinion, mais mon propos n’est pas de leur dire pour qui il faut voter.»
Des électeurs privés de communion ?
Le prélat estime en effet que ce qu’il prescrit «relève de la loi morale universelle, et n’est nullement une interprétation locale et personnelle.» Il rajoute que «quelqu’un qui néglige l’enseignement de l’Eglise dans son vote commet un grave péché et que cela ne peut être traité avec légèreté si cette personne veut continuer à recevoir la communion.»
Les déclarations de Mgr Burke sont dans le collimateur de certaines instances démocrates de la région, étant donné que les Eglises ne sont pas autorisées, pour des raisons d’exemption de taxe, à soutenir un candidat particulier aux élections. RZ
Encadré
Pax Christi affirme que voter pour le bien commun inclut de nombreuses options
La section américaine du mouvement catholique pour la paix «Pax Christi» estime, dans un communiqué daté du 1er octobre 2004, que pour travailler à l’établissement du bien commun, les catholiques doivent baser leur vote sur «l’éventail complet des options politiques». Le texte affirme en outre que «les représentants des médias et un certain nombre de nos propres dirigeants religieux ne rendent pas service à notre Eglise et à notre pays quand ils tentent d’utiliser l’une ou l’autre question de politique comme point de référence pour l’identité catholique.»
A ce sujet, Mgr Gabino Zavala, évêque auxiliaire de Los Angeles et président de Pax Christi USA, relève que «la tradition de la foi catholique enseigne que toute vie est sacrée, et, dans cet esprit, les catholiques sont appelés à voter sur l’éventail complet des questions ayant rapport à la vie: par exemple, la guerre, la pauvreté, les services de santé, l’avortement, la peine de mort, le traitement des immigrés et le racisme.» Ce dernier ajoute que l’engagement d’un politicien envers la sacralité de la vie «doit être jugé par les actions qu’il entreprend pour défendre et promouvoir cette vie sous toutes ses formes». (apic/cns/rz)
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