L’Eglise catholique accusée par la droite d’être « élitiste »
Brasilia, 5 octobre 2004 (Apic) Les Brésiliens se sont rendus aux urnes le dimanche 3 octobre pour le premier tour des élections municipales. Le PT (gauche, parti du président Lula au pouvoir à Brasilia) et son rival du PSDB sont les deux partis qui ont gagné le plus grand nombre de suffrages dans le pays: 16,3 millions pour les « pétistes » et 15,9 millions pour les « tucanos ». A cette occasion, les appels de certains candidats au soutien des Eglises évangéliques ont provoqué la colère de responsables catholiques.
« Il est regrettable que les élections de Rio se déroulent comme une compétition entre les religions », a déploré Dimas Lara Barbosa, évêque auxiliaire de Rio de Janeiro. Mgr Lara Barbosa réagissait à une déclaration du sénateur Marcelo Crivella, candidat du Parti libéral à la mairie de Rio. Dans une interview accordée au quotidien brésilien « Jornal do Brasil », ce dernier avait reproché à l’Eglise catholique d’être « élitiste ». Il a affirmé que les évangéliques avaient choisi d’être aux côtés des pauvres. Le sénateur a fini en deuxième place lors des élections avec 21,8 % des voix contre 50,1 % des voix à Cesar Maia, du Parti du front libéral (droite).
Les Eglises évangéliques ont présenté des candidats
Les efforts des Eglises évangéliques pour présenter leurs candidats aux élections ont aussi suscité la critique de l’Eglise catholique qui leur reproche d’affirmer avoir le soutien de la population pauvre dans un pays qui compte 180 millions d’habitants. Mgr Jaime Vieira Rocha, évêque de Caico, dans le Nord-Est du Brésil, en visite à Rome, a déclaré que les groupes évangéliques, entre autres les Assemblées de Dieu, multipliaient leurs efforts en vue d’influencer la vie politique du pays à tous les niveaux.
L’évêque a relevé que l’Eglise universelle du royaume de Dieu avait présenté plus de 500 candidats aux élections visant à choisir 5’567 maires et 52’000 conseillers municipaux. Même si la hiérarchie catholique maintient catégoriquement que les prêtres ne devraient pas militer dans l’arène politique, au moins 40 prêtres catholiques se sont présentées sur les listes pour les mairies le 3 octobre, et parmi eux 26 représentaient le Parti des travailleurs. Selon « O Globo », plus de 120 prêtres se sont portés candidats pour d’autres mandats.
Des prêtres catholiques sur les listes électorales
Le plus grand nombre de candidats prêtres a été enregistré dans l’Etat du Minais Gerais, qui compte aussi le pourcentage le plus important de fidèles catholiques. Sur 26 candidats, il y avait 15 représentants du Parti des travailleurs, actuellement au pouvoir. Romenio Pereira, vice- président du Parti des travailleurs (PT), a fait observer que des prêtres catholiques jouent un rôle significatif depuis 1989, date à laquelle Lula s’était présenté pour la première fois à la présidence du Brésil.
« Lula avait gagné dans certains villes où, curieusement, le Parti du travail et les syndicats n’étaient pas organisés », a constaté Romenio Pereira. « Il a été finalement découvert, plus tard, que notre victoire était due à l’action de prêtres catholiques. » Dans une note publiée peu avant les élections, la Conférence nationale des évêques du Brésil (CNBB) rappelait que cette élection était une occasion de faire avancer le combat contre la corruption électorale si répandue dans le pays.
« Malheureusement, écrivait-elle, il y a encore des candidats qui trouvent normal d’acheter le vote des électeurs, comme il y a des électeurs qui acceptent d’échanger leur vote pour une faveur d’un candidat, ignorant que le « vote n’a pas de prix, il a des conséquences ». La CNBB a invité à cette occasion les électeurs à dénoncer à la justice toute tentative d’achat de votes. (apic/cnbb/eni/be)
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