Les Haïtiens victimes du mensonge et de la corruption
Port-au-Prince, 6 octobre 2004 (Apic) La conférence épiscopale d’Haïti, réunie du 20 au 30 septembre, veut faire « route avec le peuple » pour changer les mentalités et construire une nouvelle société. Les évêques ont produit des propositions concrètes portant principalement sur l’écologie, l’éducation et la refonte institutionnelle.
Dans un document transmis le 5 octobre à l’agence MISNA, la conférence épiscopale d’Haïti, réunie en assemblée plénière du 20 au 30 septembre près de Cayes, a stigmatisé la mentalité propre, selon elle, aux habitants du pays: « l’Haïtien a toujours été victime du mensonge, de l’exploitation et de la corruption. Cette situation a contribué à créer chez lui une mentalité particulière de recherche du profit immédiat, caractérisée par l’individualisme, l’agressivité gestuelle et verbale et marquée par la peur. Aujourd’hui, l’Haïtien a perdu confiance en soi ».
Les évêques ont également énuméré les problèmes à l’origine d’un sous- développement chronique: faiblesse des institutions, instabilité politique, intolérance, antagonisme des classes sociales et des partis politiques. Tout cela a maintes fois occasionné l’ingérence de forces étrangères et la mise sous tutelle du pays.
Pour une société et une civilisation de paix et d’amour
Comme le rapporte l’agence MISNA, les prélats ont donc produit une série de propositions concrètes pour aider les Haïtiens à « édifier une société et une civilisation de paix et d’amour », ce qui demande un profond changement des mentalités. Les évêques demandent notamment la convocation d’une « assemblée du peuple » composée de toutes les classes sociales et de toutes les catégories professionnelles privées et publiques pour parler de l’avenir du pays, le maintien de la tenue des élections normalement prévues en 2005, la présentation publique du budget de la République, l’indépendance totale de la Banque Centrale par rapport au gouvernement.
Parallèlement il a été question de la nécessité de la création d’écoles publiques et de postes d’enseignants, d’un subventionnement gouvernemental de la production agricole, de la lutte contre l’insécurité qui passerait par un désarmement du pays par la communauté internationale, et la mise en place d’une police professionnalisée.
En outre, la conférence épiscopale a souligné le besoin d’actions rapides dans le domaine de l’écologie: reboisement, développement d’énergies alternatives au bois, campagne d’assainissement des villes. Le déboisement excessif d’Haïti, provoqué par l’utilisation a outrance du bois comme source d’énergie, a été l’une des principales causes du désastre causé par le passage d’ouragans à la mi-septembre 2004. Le bilan officiel de la catastrophe est de 1500 morts et 900 disparus. (apic/misna/rz)
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