Remise en cause de son Conseil de sécurité

New York: Le Saint-Siège appelle à une ONU plus représentative et démocratique

New York, 6 octobre 2004 (Apic) Mgr Celestino Migliore, observateur permanent du Saint-Siège à l’Onu, a appelé à une réforme structurelle de l’organisation internationale et, en particulier, de son Conseil de sécurité. Il est intervenu devant l’assemblée générale de l’Onu le 4 octobre à New York.

« La légitimité des décisions prises par les Nations unies repose en grande partie sur son Conseil de sécurité », a affirmé le diplomate du Vatican. « Certains pensent qu’il doit refléter autant que possible la répartition planétaire de la population, la géopolitique, tout en tenant compte des différents niveaux de développement économique et des civilisations », a-t-il ensuite expliqué. « Cette liste n’est pas complète, mais a le mérite d’inclure des critères essentiels pouvant renforcer la crédibilité et l’efficacité du Conseil de sécurité », a estimé le prélat italien. « Il faut désormais considérer la capacité et la volonté politique réelles de chacun pour atteindre les buts qui constituent une priorité pour la majorité des Etats membres », a-t-il précisé. La prise de décisions devrait donc tendre « vers un plus grand consensus des avis dans les discussions ».

Pour l’observateur permanent du Saint-Siège, la réforme globale de l’Onu doit surtout s’appuyer sur l’idée de « relier le global au local ». « Le renforcement du système des Nations unies implique la reconnaissance du fait que son système doit être fondé sur la coopération plutôt que sur la concurrence parmi des Etats associés, responsables et égaux », a affirmé Mgr Migliore. « Les Etats sont par nature égaux en dignité, même s’ils sont inégaux sur le plan du progrès matériel et militaire », a-t-il poursuivi.

« Sur une note plus pratique, a alors expliqué l’archevêque italien, les critères essentiels qui devraient être pris en considération pour remodeler les structures et revisiter les procédures de cette organisation sont, pour les structures, le critère de représentativité ; pour les procédures, ceux d’impartialité et d’efficacité ; pour les résultats, celui de la responsabilité afin de proposer de véritables réponses », a conclu Mgr Migliore.

Le Saint-Siège, observateur et compagnon de voyage de l’Onu

Ce discours faisait suite à l’annonce faite par Mgr Giovanni Lajolo, ’ministre des Affaires étrangères’ du Vatican, devant l’assemblée plénière de l’Onu, le 29 septembre 2004. Il avait en effet alors promis « une évaluation explicite » des premiers résultats de la Commission mise en place par l’Onu afin de se réformer. « L’Onu pourra toujours compter sur le Saint- Siège, non seulement en tant qu’attentif observateur permanent, mais aussi comme compagnon de voyage », avait conclu le prélat italien, rappelant le lien de coopération « particulier » existant entre le Siège apostolique et les Nations unies depuis 1964. La participation du Saint-Siège aux travaux de l’Onu a été renforcée par la résolution du 1er juillet 2004, formalisant officiellement son statut d’observateur permanent.

Face aux attentes de la communauté internationale, le Secrétaire général de l’Onu, Kofi Annan avait annoncé le 23 septembre 2003, lors de la 58e Assemblée générale de l’Onu, la nomination d’un groupe de personnalités chargées de proposer une réforme du système des Nations unies. Les 16 membres du ’Groupe de haut niveau’ ont le devoir d’examiner les obstacles actuels à la paix et à la sécurité, d’envisager comment des mesures collectives peuvent contribuer à surmonter ces obstacles. Ils doivent aussi examiner le fonctionnement des grands organes de l’Organisation et leurs inter-relations. Enfin, ’ces sages’ doivent faire des recommandations sur les moyens de renforcer l’Onu par la réforme de ses institutions et de ses procédures. (apic/imedia/hy/bb)

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