La religion oriente vers la paix

Rome: Le cardinal Francis Arinze commente la lettre apostolique sur l’eucharistie

Rome, 10 octobre 2004 (Apic) Pour le cardinal Francis Arinze, , la religion oriente vers la paix. C’est ce qu’a expliqué le préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements interrogé sur l’Eucharistie comme source de paix, à l’occasion d’une conférence de presse, le 8 octobre, sur la lettre apostolique «Mane nobiscum Domine» (Reste avec nous, Seigneur).

«L’Eucharistie est un grand mystère, une grande école de paix. Les croyants s’approprient les valeurs de l’Eucharistie et deviennent témoins de paix», a expliqué Mgr Domenico Sorrentino, secrétaire de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, interrogé sur la question, elle-même présentée comme une affirmation dans la nouvelle lettre de Jean Paul II. «Celui qui va à la messe, et apprend la logique de la paix, devient témoin de paix dans son environnement», a-t-il encore développé.

Interrogé sur le fait qu’il puisse y avoir des personnes en opposition au sein de la même Eglise, le cardinal Arinze, ancien président du Conseil pour le dialogue interreligieux, a répondu que «la religion en tant que telle tend vers la direction de la paix et de la réconciliation». Pour le préfet de la Congrégation du culte divin et de la discipline des sacrements, la religion «n’est pas dans la ligne de la guerre», et même si «elle justifie quelquefois une forme de défense, en tant que défense de soi», elle ne justifie «jamais une guerre en tant que telle», surtout pas la guerre moderne avec des instruments destructeurs.

«Cela n’enlève pas la possibilité d’affirmer des positions variées, même entre évêques car, à ce moment-là, ce n’est pas un jugement de toute l’Eglise mais un jugement de la personne», a poursuivi le prélat nigérian. «Et là, il y a de la place pour les opinions», a-t-il souligné donnant en exemple le fait qu’une personne «pourrait alors considérer que la guerre soit justifiée contrairement à une autre».

«Ceux qui appartiennent à une religion tendent vers la paix, non pas comme pacificisme, mais comme justice, comme respect des droits de l’autre et acceptation de l’autre», a-t-il encore expliqué. Il a alors noté que toutes les religions ne prêchaient pas la réconciliation et le pardon comme le fait le christianisme.

La foi n’est pas un article de contrebande

Interrogé sur le fait de témoigner sa foi au monde, comme l’encourage le pape, même dans les pays où les chrétiens sont en minorité, le cardinal Arinze a déclaré que «notre foi n’est pas un article de contrebande, c’est une bonne nouvelle que nous voulons annoncer, nous n’avons rien à cacher et nous ne voulons pas cacher notre identité» de chrétiens. Il a cependant rappelé le principe de la prudence, chaque évêque devant tenir compte de sa situation particulière. «On ne peut pas faire une loi de tout cela, mais ce que nous ne pouvons pas accepter est de ne pas pouvoir pratiquer notre religion, car le principe de la liberté de religion comporte aussi liberté de chaque religion, ce n’est pas une question de gouvernement», a-t-il encore fait remarquer.

Finalement interrogé sur l’oecuménisme en matière de communion, le cardinal nigérian a rappelé que les documents de l’Eglise sur l’Eucharistie précisaient qu’un prêtre catholique ne pouvait attribuer les sacrements qu’à des catholiques, sauf exceptions mentionnées dans les documents. Il s’agit en effet de quelque chose de l’ordre de l’Eglise universelle et non pas de quelque chose de personnel, a-t-il insisté. (apic/imedia/ar/bb)

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