Genève: 55e Session du HCR, l’observateur du St Siège dénonce
Genève, 11 octobre 2004 (Apic) Les droits reconnus pour les réfugiés dans les traités internationaux restent souvent lettre morte, a lancé l’observateur permanent du Saint-Siège auprès des Nations unies à Genève. Lors de son intervention à l’occasion de la 55e Session du Comité exécutif du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), Mgr Silvano Tomasi a dénoncé «l’insuffisance de la communauté internationale dans l’application des droits des réfugiés».
Lors de sa déclaration auprès des Nations unies et de ses institutions spécialisées à Genève le 4 octobre 2004, dans le cadre de la 55e session du Comité exécutif du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), qui se tient jusqu’au 8 octobre, l’observateur permanent du Saint- Siège a plaidé pour le respect des droits de réfugiés.
«Les droits reconnus pour les réfugiés dans les traités internationaux restent souvent lettre morte», a lancé le prélat italien. «Dans beaucoup de pays, par exemple, des réfugiés ne sont pas autorisés à travailler, et à ainsi gagner leur vie, ce qui est un droit fondamental», a-t-il affirmé.
Relevant que le Haut Commissariat avait renouvelé ses efforts pour la protection des réfugiés, Mgr Silvano Tomasi a affirmé que de plus grands investissements économiques et financiers étaient requis, ainsi qu’une plus grande volonté politique. Ces plans demandent «des garanties d’assistance avec des fonds suffisants venant des partenaires internationaux, pour une longue période», a-t-il précisé.
Les droits de l’homme et les Conventions humanitaires obligent en effet «les gouvernements à assurer la sécurité et le bien-être de tous ceux qui sont sous leur juridiction (.) Mais si un pays ne réussit pas à prendre ses responsabilités pour protéger ses citoyens», la Communauté internationale peut et doit assurer cette obligation, a-t-il expliqué.
Situations provisoires indûment prolongées
«Le prix continu de la guerre oblige de nombreuses personnes à quitter leurs maisons par peur de la persécution, des violations des droits de l’homme, du harcèlement et de la violence, avec l’usage systématique de l’enlèvement comme tactique de guerre. Le coût de ces mouvements de population est élevé : les souffrances des personnes, les pertes humaines, et finalement le processus de reconstruction de la société», a poursuivi le prélat.
La situation prolongée de personnes ayant le statut de réfugiés – quelque 7 millions parmi les 12 millions de réfugiés dans le monde – est un phénomène croissant, dont la conséquence est le manque d’espoir chez des générations d’enfants et d’adultes ayant perdu leur enfance», a-t-il ajouté.
Il a ensuite plaidé pour «le rapatriement volontaire des réfugiés». Le prélat italien s’est réjoui du fait que «dans certains pays, la situation se soit suffisamment améliorée pour que de nombreux réfugiés puissent y retourner». Il a cependant souligné que «rapatriement volontaire» ne signifiait pas seulement «retour». Ce qui fait la différence, a-t-il dit, entre un rapatriement volontaire réussi et un rapatriement volontaire raté est la façon dont les réfugiés rentrent chez eux. Apic
(Encadré)
L’Italie dans le collimateur du HCR pour ses refoulements sans procédure
Rappelons qu’en Italie, le refoulement de réfugiés est devenu une question politique aigue. En date du 5 octobre le HCR se disait «extrêmement préoccupé» par les renvois de nombreuses personnes, parmi les centaines débarquées récemment sur l’île de Lampedusa, dans le sud l’Italie. «Il semblerait en effet que beaucoup d’entre elles soient expulsées vers la Libye sans qu’une procédure adéquate ait été conduite pour déterminer leurs éventuels besoins en matière de protection», avait souligné le HCR dans un communiqué, affirmant avoir demandé aux autorités italiennes et libyennes de donner une place à ces personnes.
«Nous sommes conscients des lourdes pressions que ces arrivées incessantes représentent pour l’Italie», poursuivait le HCR, «mais tous ceux qui demandent l’asile ont droit à une procédure équitable permettant d’établir leurs besoins en matière de protection internationale, en vertu de la Convention de 1951 sur le statut des réfugiés», avait alors fait valoir Raymond Hall, directeur du bureau pour l’Europe du HCR.
Le HCR s’inquiétait en outre de la méthode de sélection par nationalité, mise en oeuvre par les autorités italiennes. Cette sélection «pourrait mettre en danger ceux qui ont besoin d’une protection internationale à titre individuel et les conduire au refoulement, direct ou indirect», avait averti l’agence onusienne. (apic/imedia/ar/ap/vb)
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