Ethiquement inacceptable pour les évêques suisses

Suisse: Catholiques et protestants divisés sur la recherche à partir de cellules souches

Fribourg / Berne, 15 octobre 2004 (Apic) Les Eglises catholique et réformée de Suisse sont divisées sur la recherche à partir de cellules souches, soumis au vote populaire le 28 novembre. Les évêques rappellent que l’embryon est déjà un être humain, don de Dieu. Les Eglises protestantes, quant à elles, trouvent acceptables les conditions d’utilisation des cellules souches prévues dans la loi.

Déjà lors de la votation sur l’interruption de grossesse, en juin 2002, les deux Eglises affichaient la même division que sur la recherche à partir des cellules souches.

Les évêques suisses s’expriment à travers leur Commission « Bioéthique » dans une prise de position diffusée le 15 octobre. Dans ce document expliquant scientifiquement en quoi consiste la recherche sur les cellules souches, la Conférence des évêques suisses (CES) souligne que la nouvelle législation prévoit d’utiliser les embryons appelés « surnuméraires ». Ceux-ci sont produits à la suite d’une fécondation artificielle en éprouvette. « La nouvelle loi autoriserait désormais à la recherche d’utiliser ces embryons ’surnuméraires’ a?n de produire des lignées de cellules souches embryonnaires », relève la CES. Or, l’opération de prélèvement de cellules souches embryonnaires provoque la mort de l’embryon. Ce qui est « éthiquement inacceptable », selon elle.

Les évêques suisses trouvent suffisante la recherche à partir de cellules souches adultes. « Il est possible de prélever ces cellules souches sans porter atteinte à la personne », relèvent-ils, tout en soulignant que « la recherche dans ce domaine se poursuit de manière intensive et donne déjà des résultats laissant présager que ces cellules souches spécifiques puissent être transformées en cellules de types différents ». « Les cellules souches adultes donnent donc à la recherche une alternative éthiquement acceptable », affirment-ils.

« L’embryon ne se développe pas pour devenir ensuite un être humain: il est humain dès le jour de sa conception. A la lumière de la foi chrétienne, la vie humaine est un don de Dieu et doit être protégée dès le premier moment », estiment les évêques suisses. « Tuer des embryons à ?n de recherche n’est pas admissible. Seuls le traitement et la recherche sur des cellules souches adultes offrent à la médecine une voie éthiquement responsable, respectueuse de la dignité humaine », conclut le document.

Les Eglises protestantes approuvent la loi

Dans une prise de position diffusée le même jour, la Fédération des Eglises protestantes de Suisse (FEPS) approuve la Loi fédérale relative à la recherche sur les cellules souches embryonnaires. Son conseil se dit conscient que « dans ce domaine, les dérapages ne peuvent être totalement évités » et rappelle que « la loi ne décharge pas la société de sa responsabilité morale à l’égard de la recherche scientifique ».

Le Conseil de la FEPS juge « éthiquement défendable d’utiliser les cellules souches embryonnaires pour la recherche plutôt que de les détruire ». Pour lui, le cadre fixé par la loi est « suffisamment contraignant ». Il estime en outre qu’en « autorisant le développement de recherches qui permettront peut-être de soigner certaines maladies actuellement incurables et en instaurant des dispositions légales visant à éviter au maximum les abus dans l’utilisation des cellules souches embryonnaires, la nouvelle loi va dans la bonne direction ».

Enfin, cette loi permet selon la FEPS « d’éviter le piège éthique qui consisterait à profiter des résultats de la recherche à l’étranger tout en gardant une morale intacte grâce à une interdiction absolue en Suisse ». (apic/com/bb)

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