Le phénomène s’accélère depuis l’affaire de Sankt Pölten

Autriche: L’Eglise catholique du pays a perdu plus de 210’000 fidèles en dix ans

Vienne, 19 octobre 2004 (Apic) L’Eglise catholique autrichienne a perdu plus de 211’000 fidèles entre 1993 et 2003, a admis Erich Leitenberger, porte-parole des évêques autrichiens.

Selon l’Agence France presse, le phénomène s’est encore accéléré cet été à la suite du scandale sexuel qui a éclaté au séminaire de Sankt-Pölten (est) – aujourd’hui fermé sur décision romaine – que l’évêque du diocèse, Mgr Kurt Krenn, a tenté d’étouffer avant d’être démissionné par le Vatican.

Dix ans de scandales à répétition ont entraîné le départ de centaines de milliers de fidèles de l’Eglise catholique en Autriche en lui coûtant des dizaines de millions d’euros, reconnaissent des responsables ecclésiastiques.

En 1995 déjà, l’ancien archevêque de Vienne, le cardinal Hans Hermann Groer, avait été accusé de pédophilie par des séminaristes. Il avait été mis d’autorité à la retraite dans un cloître par le Saint-Siège.

« Rien que pour les huit premiers mois de cette année, le diocèse de Vienne a perdu 10’709 fidèles, soit 10,8% de plus que l’année précédente », a confirmé à l’AFP Erich Leitenberger. « Cette évolution significative et préoccupante a également été observée dans les (huit) autres diocèses » du pays, a-t-il ajouté.

Selon le quotidien économique Wirtschaftsblatt, ces départs causeraient à l’Eglise un « manque à gagner » de quelque 50 millions d’euros par an.

Longtemps taboue, la question de l’impact financier des départs de fidèles « a été abordée » lors de la dernière conférence des directeurs financiers diocésains, a reconnu Josef Lidicky, président de cette conférence. Les chiffres avancés par le Wirtschaftsblatt sont toutefois « exagérés », a estimé M. Lidicky sans en fournir d’autres. « Chaque départ est un départ de trop », a-t-il simplement déclaré.

Fidèles pas rassurés

La mise à l’écart de Mgr Krenn pourrait ne pas suffire, à elle seule, à ramener tous les catholiques progressistes dans le giron de l’Eglise autrichienne, estiment les spécialistes. Le choix du Vatican de nommer à sa place Mgr Küng, un ancien vicaire régional de la congrégation ultra- conservatrice appartenant à l’Opus Dei, devenu évêque du diocèse de Feldkirch (ouest), suscite en effet des interrogations.

Selon un récent sondage, « l’abandon de la foi chrétienne » est considérée par 41% de la population comme l’une des « plus grandes craintes pour l’avenir ». (apic/ag/pr)

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