Malaisie: Une Malaise convertie au christianisme demande la reconnaissance de ses droits
Kuala Lumpur, 19 octobre 2004 (Apic) Dans l’impossibilité de faire enregistrer légalement son mariage, une Malaise, anciennement musulmane et aujourd’hui chrétienne, demande à voir ses droits constitutionnels reconnus. Un cas qui reflète le déchirement de la société malaisienne entre loi islamique et Etat de droit.
Lorsqu’Azlina Jailani a voulu se marier il y a quelques années, sa vie s’est soudainement compliquée en se trouvant placée au centre de polémiques intenses, rapporte «Eglises d’Asie». Née dans une famille malaise et donc considérée comme musulmane, Azlina s’est, une fois parvenue à l’âge adulte, convertie au christianisme.
Le fait était déjà suffisamment délicat pour ne pas être ébruité mais, lorsqu’Azlina Jailani a demandé que son mariage soit enregistré dans le très officiel Registre des mariages, elle s’est vue opposer un refus.: Motif: étant Malaise, elle est légalement une musulmane. En effet, la population malaisienne est multiethnique et multireligieuse, l’ethnie majoritaire, les Malais, représentent 62% des habitants et sont pratiquement tous musulmans.
Bousculer un tabou de la société
Tout en étant rare, le cas d’Azlina Jailani n’est pas exceptionnel et les difficultés au centre desquelles elle se trouve aujourd’hui ne sont pas inédites. Cependant, son histoire en Malaisie fait couler beaucoup d’encre, des défenseurs des droits de l’homme et des avocats se sont saisis de son cas pour demander une clarification des règles régissant les conversions religieuses.
De fait, la Constitution du pays garantit la liberté religieuse mais cette disposition est généralement comprise comme ne s’appliquant pas aux Malais, tous considérés comme musulmans. En effet, la vie familiale des Malais est régie dans la Fédération malaisienne par le droit islamique.
Portés à l’attention publique, ce genre de cas de conversions de Malais musulmans à une autre religion ont le mérite sinon de bousculer un tabou de la société malaisienne, du moins de tester la garantie constitutionnelle de la liberté religieuse et la façon dont cette garantie s’applique aux musulmans. (apic/egas/rz)
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