Rome: Le pape a reçu les évêques de l’Angola en visite «ad limina»

Les valeurs de la famille pour lutter contre le sida

Rome, 22 octobre 2004 (Apic) Le pape Jean Paul II a demandé aux évêques angolais en visite « ad limina » de défendre les valeurs de la famille dans la société afin de « libérer l’humanité du fléau dévastateur du Sida ».

Dans son message adressé le 22 octobre aux prélats de l’ancienne colonie portugaise africaine, déchirée pendant plus de trente ans par la guerre civile, le pape souhaitant que les évêques soient « capables de reconstruire une communauté détruite par la guerre » en suivant le chemin de l’Evangile, a invités les évêques angolais à « défendre la sainteté de la famille ».

Si de nombreuses familles angolaises tentent de vivre « de façon héroïque et fidèle le sacrement du mariage chrétien, malgré les coutumes traditionnelles peu favorables au mariage monogame », des « activités immorales » comme la polygamie et la prostitution favorisent « la progression du sida ». Les « innombrables victimes » de la maladie souffrent aussi « de l’instabilité sociale et économique de la nation », a poursuivi le pape.

Il a ainsi invité les évêques à développer « divers programmes éducatifs tant religieux que séculiers » visant à rappeler que « l’amour véritable est l’amour chaste » qui émerge de l’institution de la famille.

Pour le pape, l’heure d’une profonde réconciliation nationale a maintenant sonné. La guerre civile a fait au moins 500’000 morts, quatre millions de déplacés et 450’000 réfugiés dans les pays voisins. « L’Eglise, qui a énormément souffert du conflit, doit se maintenir dans une position vigoureuse » a-t-il poursuivi, afin de favoriser la paix et la réconciliation.

Jean Paul II a alors encouragé les évêques du pays à soutenir « une nouvelle génération de constructeurs, appelés à édifier une civilisation d’amour, de liberté et de solidarité ». Ainsi, Jean Paul II a souligné la nécessité d’une « formation opportune » de ces nouvelles générations, en promouvant « un enseignement moral et religieux » dans les écoles confessionnelles et publiques, tout en veillant particulièrement à la formation des catéchistes et des prêtres.

Les dangers d’une société matérialiste et athée

Le pape a encore invité les évêques de ce pays majoritairement chrétien à favoriser chez les baptisés « l’assimilation entière du message évangélique » – sans toutefois « renoncer aux antiques valeurs africaines » – afin de lutter contre les « mentalités sécularisées ou du moins agnostiques » et « les dangers d’une société matérialiste et athée qui fragilise les liens entre les hommes ».

L’Angola a accédé à l’indépendance en 1975 après une guerre de libération engagée en 1961. Le pays s’est immédiatement enfoncé dans une guerre civile qui a duré près de trente ans. La paix entre l’armée angolaise et la rébellion de l’Unita a formellement été signée le 4 avril 2002 à Luanda. Depuis, le calme règne sur tout le territoire, à l’exception de la province de Cabinda (nord du pays), mais le sida dévaste le pays. Selon des chiffres officiels, sur environ 12 millions d’habitants, l’Angola compterait plus d’un million de séropositifs. (apic/imedia/hy/pr)

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