Inde: Volte-face du gouvernement du Kerala face à la libéralisation du commerce d’alcool
New Delhi, 24 octobre 2004 (Apic) Après une vague de protestations, les Eglises de l’Etat du Kerala, dans le Sud de l’Inde – une région très prisée des touristes – ont accueilli avec satisfaction l’annonce du gouvernement de revenir sur sa décision de libéraliser le commerce de l’alcool.
«C’est une bonne chose que le gouvernement ait réagi rapidement aux critiques suscitées par cette nouvelle politique», a déclaré Isaac mar Philexinos, de l’Eglise Mar Thoma. Mar Philexinos, président du Conseil des Eglises du Kerala (KCC), qui regroupe 11 Eglises orthodoxes et protestantes, relève que tous les secteurs de la population, à l’exception du puissant lobby de la vente d’alcool, étaient choqués par cette politique, annoncée le 13 octobre dernier.
A la suite des nombreuses protestations, le Premier ministre du Kerala, Oommen Chandy, du Parti du Congrès, a déclaré après la réunion de son cabinet avoir décidé de revoir sa politique. Le gouvernement du Kerala proposait d’assouplir la législation concernant l’ouverture de nouveaux bars, entre autres l’obligation d’avoir une distance de 200 mètres entre les débits de boisson et les lieux de cultes et instituts d’enseignement.
Ouvrir davantage de bars pour satisfaire les étrangers
En plus de la levée de l’interdiction d’ouvrir les débits de boissons le premier jour du mois (jour de paiement des salaires), le gouvernement proposait la régularisation de bars privés illégaux, et autorisait la Kerala Beverage Corporation, qui contrôle les ventes d’alcool dans l’Etat, à ouvrir davantage de bars.
Cette libéralisation a consterné les Eglises, d’autant plus que cette politique était proposée par le gouvernement qui avait remporté les élections en 2001 avec la promesse de renforcer progressivement la prohibition, a déploré Mgr Maria Callist Soosa Pakiam, archevêque de Trivandrum et président de la Commission de lutte contre l’alcool du Conseil des évêques catholiques du Kerala.
Le taux d’alcoolisme et de suicides le plus élevé de l’Inde
Auparavant, le Conseil des Eglises du Kerala (KCC) avait publié une déclaration avertissant que cette mesure controversée «ne ferait que ruiner des vies individuelles et déchirer les familles». Donner comme justification que le commerce d’alcool est «essentiel» pour attirer les touristes au Kerala, réputé pour la beauté de ses paysages, fait observer le KCC, équivaut à ouvrir la voie à une consommation débridée d’alcool dans l’Etat où le degré d’alcoolisme et le taux de suicides sont les plus forts en Inde. Selon la Beverage Corporation, plus de 100 millions de litres d’alcool fort sont consommés chaque année au Kerala.
Jayparash Narayan, un hindou qui est secrétaire général du Conseil de la prohibition au Kerala, a précisé à l’agence de presse oecuménique ENI que le revenu des ventes et des taxes sur les alcools rapportait à l’Etat du Kerala plus de 10% de ses revenus. (apic/eni/be)
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