Italie: Trafic d’organes d’enfants au Mozambique
Rome, 25 octobre 2004 (Apic) Les religieuses à l’origine de la dénonciation du trafic d’organes d’enfants au Mozambique ont renouvelé leurs accusations en s’exprimant en fin de semaine passée à Rome devant la Commission des Affaires étrangères et des Droits de l’homme du Parlement italien.
Juliana Maria Calvo Arino, moniale, servante de Marie et prieure du monastère de Nampula, au Mozambique, a confirmé les dénonciations portées à la connaissance de la Conférence épiscopale du Mozambique début février 2004. L’affaire avait été portée à la connaissance du président de la République Joaquim Chissano, sans grands effets.
Les religieuses du monastère Mater Dei avaient découvert, dans la zone de Nampula (zone située dans le nord du Mozambique), les corps d’enfants mutilés. Devant les membres de la commission italienne, soeur Juliana Maria Calvo Arino a également parlé des tergiversations de la police locale à s’intéresser à cette affaire et de la complicité manifeste dans ce trafic de certains membres de la police et de certains hommes politiques. Quand des enfants disparaissaient ou quand on trouvait leurs corps mutilés, les parents habitant dans la zone venaient de plus en plus nombreux au monastère pour demander de l’aide.
La vie des religieuses – a indiqué soeur Juliana – a été immédiatement par des hommes proches des milieux de la police, pour avoir dénoncé ce trafic. L’action de l’Ordre des Serviteurs de Marie au niveau international, de certains personnages publics ainsi que d’Organisations Non Gouvernementales a cependant poussé la police nationale et les organismes politiques du pays à intervenir.
Dans la zone de Nampula, les disparitions ont certes diminué depuis. Mais d’autres cas sont de disparitions d’enfants sont aujourd’hui signalés dans d’autres zones du Mozambique. « Il est donc nécessaire, a témoigné la religieuse, que la protestation se poursuive, tant sur le plan national qu’international.
Menaces et attentats
Dans un document remis aux autorités, les religieuses manifestaient leur volonté de poursuivre leur dénonciation. « L’existence d’un réseau de trafic d’organes est indéniable », soulignaient-elles, stigmatisant l’indifférence des autorités devant les indices qui semblent pour le moins mettre en évidence l’existence d’un réseau de trafic d’organes. « C’est notre devoir d’interpeller les autorités. Nous soutenons tous ceux qui ont parlé ouvertement en défense de la vérité et de la justice et contre la disparition des enfants ».
En février 2004, des religieuses espagnoles et brésiliennes brisaient le silence fait autour de ce scandale, et demandaient à l’opinion internationale de se mobiliser. Ces religieuses avaient récolté des informations depuis 2002 sur le trafic d’organes de mineurs au Mozambique. Leurs dénonciations auprès des autorités du pays n’ont pas conduit à des enquêtes policières.
Quatre attentats contre les religieuses ont été perpétrés, dans le but de les intimider. Une religieuse brésilienne installée à Nampula a même trouvé la mort, ce printemps. Cela à la suite de photos et de preuves documentées envoyées aux autorités mozambicaines. Les cas d’une centaine de mineurs disparus ont été enregistrés. (apic/vd/ag/pr)
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