Congo: Les Eglises s’interrogent sur les actions à mener pour réconcilier les Congolais
Brazzaville, 29 octobre 2004 (Apic) Les Eglises chrétiennes du Congo s’interrogent sur les actions à mener pour réconcilier les Congolais. Pas simple, au moment où des velléités de reprise de la guerre entre différentes factions sont perceptibles dans le pays.
Le Conseil oecuménique des Eglises chrétiennes du Congo (COECC) a réuni du 21 au 22 octobre à Brazzaville les dirigeants des Eglises membres, des sociologues, des responsables d’organisations et associations de défense des droits de la personne, des journalistes chrétiens et quelques hommes politiques, en vue d’élaborer ensemble des stratégies permettant d’accélérer le processus de réconciliation nationale.
« Aidez-nous à mettre en place des stratégies pour reconstruire une paix durable au Congo », a demandé le pasteur luthérien Albert Poungui Sambou, au nom du COECC.
Cette demande intervient dans une situation marquée par des velléités de reprise de la guerre par les rebelles « ninjas » du pasteur Ntumi qui, depuis le début de ce mois, attaquent dans la région du Pool (proche de Brazzaville) les trains reliant le port maritime de Pointe-Noire à Brazzaville.
Mgr Louis Portella Mbuyu, évêque catholique du diocèse de Kinkala dans le département du Pool, a souligné que l’espoir d’une paix durable reste encore illusoire pour de nombreux Congolais. « L’Eglise au Congo doit sortir de son hibernation pour arrêter cette paix armée que le pays vit actuellement », a-t-il dit. Le prélat a aussi attiré l’attention de l’Eglise sur « le devoir de dénonciation et de proposition, car la paix n’est pas possible sans justice sociale ».
Roger Buka Owoko, de l’Observatoire congolais des droits de l*homme (OCDH), a lui fustigé le comportement de l’Eglise: « A certains moments, l’Eglise au Congo a failli dans sa mission. Elle ne dénonce presque pas les abus des gouvernants à cause de ses divisions et du manque de solidarité entre le clergé ». Dans ces conditions, « comment l’Eglise peut-elle prétendre réconcilier les Congolais », s’est interrogé ce défenseur des droits de l’homme.
Au-delà de l’enseignement théologique
Pourtant, malgré ses faiblesses, « l’Eglise au Congo a des atouts: l’autorité morale auprès des populations, l’enseignement des valeurs morales pour construire la paix », a estimé le sociologue Joseph Asselam, de l’Université Marien Nguabi.
Pour le prêtre catholique Christian de la Bretèche, qui oeuvre depuis une trentaine d’années en faveur de l’insertion sociale des jeunes désoeuvrés par la création de petites entreprises, « dans le contexte de pauvreté grandissante au Congo, l’Eglise ne doit plus se satisfaire de l’enseignement théologique pour bâtir la paix et vaincre la violence. Elle doit s’efforcer de bâtir une économie sociale solidaire, fondée sur une culture du travail afin de renforcer les capacités des gens, des communautés à se prendre en charge et substituer patiemment la violence en paix ».
Au cours de cette session, des actions prioritaires ont été formulées puis adoptées sous forme de recommandations. Elles concernent l’éducation à la culture de la paix, la proposition des lois au parlement, la dénonciation des abus des gouvernants, la médiation, la formation des jeunes et des femmes aux petits métiers. (apic/eni/pr)
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