Le code de conduite des «trois grands» producteurs» mis en cause
Londres, 29 octobre 2004 (Apic) Un code de conduite lancé ce mois-ci par les «trois grands» producteurs d’ordinateurs à l’échelle mondiale a été critiqué par l’agence catholique de développement CAFOD, qui lui reproche de ne pas se référer aux normes internationales du travail visant à protéger les travailleurs dans le Sud.
L’agence, dont le siège est à Londres, fait campagne contre ce qu’elle décrit comme les «conditions atroces pour un salaire extrêmement bas» des employés de l’industrie de l’informatique, qui sont principalement de jeunes femmes, dans des pays tels que le Mexique, la Chine et la Thaïlande.
Les trois grands producteurs, Dell, Hewlett-Packard et IBM, qui avaient auparavant chacun leur code de conduite, ont aujourd’hui décidé de mettre en place un code de l’industrie électronique qui a aussi été adopté par d’autres fournisseurs. «Notre campagne a eu une grande portée. Les trois producteurs chantent la même chanson, et poussent d’autres grandes industries à les rejoindre», a déclaré à l’Agence oecuménique ENI Anne Lindsay, analyste auprès de CAFOD, en visite aux où elle rencontrait des dirigeants d’entreprises.
Anne Lindsay s’est félicitée des clauses du code qui fixent une limite pour les heures supplémentaires et interdisent la discrimination. Dell, Hewlett-Packard et IBM dirigent entre eux un peu moins de 40% du marché de l’informatique, selon le rapport de CAFOD – Clean Up Your Computer – publié en janvier dernier. La compétition acharnée a conduit les fabricants à délocaliser la plupart de la production vers des pays où les salaires sont bas, et où la plus grande partie de la production est confiée à des sous-traitants.
A la chaîne et à la seconde
Ainsi, affirme le rapport, dans une entreprise de production de claviers en Chine, chaque travailleur doit insérer six ou sept touches dans un clavier en moins de 12 secondes, et doit le faire pendant 12 heures. Le rapport affirme aussi qu’au Mexique une demandeuse d’emploi auprès d’un contractant a été examinée nue et a été obligée de subir un test de grossesse. «Même si le code se réfère au droit des travailleurs de faire partie d’un syndicat, fait observer Anne Lindsay, il existe des zones spéciales dans certains pays où les droits des travailleurs sont limités».
«Si ces sociétés voulaient sérieusement aller au-delà des obligations légales et réellement améliorer la situation, le code devrait se conformer aux normes internationales du travail sur la liberté d’association et les négociations collectives.» Veiller à l’application du code est «la grande question», explique Anne Lindsay. «Le code s’applique aux fournisseurs du premier niveau mais nous voulons voir un engagement plus fort jusqu’au bas de la chaîne de production. Notre campagne va continuer.»
Dans une déclaration, IBM affirme que «le code met l’accent sur les normes visant à garantir que les conditions de travail dans la chaîne de production sont sûres, que les travailleurs sont traités avec respect et dignité et que les procédés de production sont soucieux de l’environnement. Par ce code, l’industrie de l’informatique mettra en place un contrôle pro- actif, positif et pratique et un système d’information avec nos fournisseurs.»
L’Agence ENI a aussi essayé d’obtenir les réactions de Dell et Hewlett-Packard mais n’a pas eu de réponses. Le site web de CAFOD cite Mike Fox, premier vice-président des opérations de Hewlett-Packard, dont le siège est aux Etats-Unis: «Si vous découvrez quelque chose d’horrible, il ne fait aucun doute que cela doit être réparé. Le plus important est de se concentrer sur les choses qui avancent, et non de regarder en arrière». (apic/eni/pr
Rome: Le pape a reçu le nouvel ambassadeur d’Iran près le Saint-Siège
Jean Paul II appelle et l’éradication du terrorisme
Rome, 29 octobre 2004 (Apic)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse