France: Le cardinal Panafieu estime qu’il ne faut pas toucher à la loi française de 1905
Rome/Marseille, 2 novembre 2004 (Apic) Le cardinal Bernard Panafieu estime qu’il ne faut pas modifier la loi française de 1905 de séparation des Eglises et de l’Etat. Interrogé par l’Apic sur les défis posés à l’occident par l’islam, l’archevêque de Marseille, où habitent quelque 200’000 musulmans, a souligné que l’islam devait «trouver les chemins d’une laïcité ouverte».
«Personnellement, je crois qu’il ne faut pas trop toucher à des lois qui ont été difficiles à digérer, à assimiler». Il ne faut pas les remettre trop rapidement en question, relève le prélat, interrogé à propos de la suggestion du ministre français des Finances, Nicolas Sarkozy, de modifier la loi de 1905, qui jette les bases de la laïcité à la française.
Dans cet ouvrage publié le 30 octobre dernier, l’ancien ministre de l’Intérieur suggère un assouplissement de cette loi, permettant à l’Etat français de participer au financement de la construction d’édifices religieux, en particulier de mosquées. Cette idée a suscité des controverses dans les milieux politiques et religieux de l’hexagone.
«Les hommes politiques eux-mêmes se posent beaucoup de questions sur la manière dont on peut arriver à la cohésion sociale dans un pays aussi divers», a encore précisé le cardinal français. Pour lui, la parution d’un livre du ministre des Finances à ce sujet, manifeste que «ce sont des questions radicales, des questions de fond qui se posent à la conscience de tous les citoyens et, singulièrement, des responsables».
Actuellement, «le débat autour de l’entrée de la Turquie en Europe fait réfléchir», a-t-il continué, avant de se penchant alors sur la question de l’islam en France.
Les défis de l’Eglise face à l’islam
Interrogé sur les défis que l’Eglise catholique doit relever aujourd’hui face à l’islam, «problème qui se pose aujourd’hui, notamment dans nos sociétés occidentales», l’archevêque de Marseille a relevé que «nous tentons d’établir des relations de paix, de rencontre et de dialogue. Nous pensons qu’il faut que l’islam trouve les chemins d’une laïcité ouverte, qu’il accepte de reconnaître deux évidences», a encore déclaré le prélat. La première, c’est la liberté de conscience, tout à fait indispensable; la seconde à trait au respect des minorités, en particulier des minorités chrétiennes en pays islamique.
«La justice et la paix sont des réalités que tout le monde partage, quelles que soient les convictions religieuses», a conclu le cardinal, membre de la Commission pontificale Justice et Paix. Il participait à ce titre à Rome au premier congrès mondial organisé du 27 au 30 octobre, par le conseil Justice et Paix. Cette rencontre a permis, selon lui, «une réflexion de grande qualité sur les relations entre pays développés et en développement». Il a encore souligné qu»il ne faut pas avoir peur d’aller à contre-courant» face à «certaines conceptions libérales qui détruisent la personne humaine et qui violentent les peuples. (apic/imedia/ar/pr)
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