Kenya: Criminalité en hausse dans le pays: impuissance ou lacunes des autorités?
Nairobi, 4 novembre 2004 (Apic) Face à la vague de criminalité qui touche le Kenya, la police de ce pays d’Afrique de l’Est souhaite la collaboration des Eglises et autres groupes religieux dans sa lutte contre ce fléau. Impuissance ou lacunes des autorités et de la police? La collaboration n’a pas été écartée. Mais avec quelques réticences: il appartient au pouvoir de prendre ses responsabilités.
Le 28 octobre, une rencontre a mis en présence de hauts fonctionnaires de la police et des responsables chrétiens, musulmans et hindous. Les dirigeants religieux, qui ont exprimé leur inquiétude concernant les attaques à main armée, les cambriolages et les agressions sexuelles, ont assuré vouloir aider la police, soulignant toutefois qu’il incombait aux autorités du Kenya de protéger les citoyens.
«C’est au gouvernement d’assumer la responsabilité, même si le public a un rôle-clé à jouer dans la lutte contre le crime», a fait remarquer le pasteur Mutava Musyimi, secrétaire général du Conseil chrétien national du Kenya. Le prêtre catholique Augustine Kariuki, de la Basilique de la Sainte- Famille à Nairobi, a pour sa part confié à l’Agence oecuménique ENI que les Eglises étaient préoccupées de l’indiscipline, souvent associée aux forces de police.
«La discipline de certains officiers de la police est mise en doute», a-t- il accusé.
Un discours que semble ne pas écouter le commandant de la police Mohammed Hussein Ali, qui a exhorté les dirigeants religieux à prêcher des «principes moraux en vue de décourager les activités criminelles». «Il est prioritaire que vous coopériez avec la police et mettiez en place ensemble des stratégies coordonnées pour faire face à la criminalité», a-t-il déclaré, confondant visiblement les rôles des uns et des autres.
Une aubaine pour les services de protection
Selon la «Nation», la vague de criminalité se révèle être une aubaine pour les agences privées de sécurité qui perçoivent 32 milliards de shillings (presque 313 millions d’euros) chaque année pour leurs services de protection, un chiffre qui dépasse de loin les 5 milliards de shillings (48 millions d’euros) versés par les contribuables pour les forces de police.
Une étude publiée le 29 octobre par Steadman Research Services International, une agence locale, indique que 13% des habitants ont été victimes de la criminalité ces trois derniers mois. L’étude précise que le délit le plus fréquent est le cambriolage, qui représente 44% des cas, mais que moins de la moitié de ceux-ci étaient rapportés à la police.
Selon cette étude, seuls 48% des gens se disent satisfaits de l’action de la police face à la criminalité. Une étude que balaie visiblement le commandant Mohammed Hussein Ali, selon qui les échecs précédents de la police sont dus à l’indifférence publique. (apic/eni/pr)
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