Rome: Le cardinal Etchegaray publie les mémoires de ses quatre voyages en Chine
Rome/Paris, 5 novembre 2004 (Apic) Le cardinal français Roger Etchegaray publie des mémoires de ses quatre voyages en Chine. Le président émérite des conseils pontificaux Justice et Paix et Cor Unum présentera cet ouvrage intitulé « Vers les chrétiens en Chine, vus par une grenouille du fonds d’un puits », le 16 novembre 2004, à Paris. L’édition française, publiée par le Cerf, est déjà disponible, alors que la version italienne du livre sera mise en vente en février 2005.
Le cardinal français, homme des missions diplomatiques spéciales de Jean Paul II, invite les lecteurs à prendre ce livre de 112 pages « tout bonnement comme il est, brûlant d’amour pour un peuple à la culture plurimillénaire qui s’éveille lentement au Christ et qui doit aujourd’hui faire face au défi gigantesque d’une modernisation à la fois souhaitée et redoutée ».
Si le pape Jean Paul II a parcouru le monde, il n’est toutefois jamais allé en Chine où l’Eglise catholique est divisée entre une Eglise officielle sous tutelle du gouvernement de Pékin, et une Eglise clandestine largement inquiétée par les autorités chinoises. Le cardinal Etchegaray a été le premier cardinal à se rendre, à titre privé, en Chine en 1980. Il y est retourné en 1993, puis en 2000, et enfin en octobre 2003. Le cardinal Jaime Sin, alors archevêque de Manille, aux Philippines et d’origine chinoise, s’y est lui aussi rendu à titre privé au début des années 90.
L’ouvrage du cardinal français s’ouvre par un proverbe chinois, volontiers humoristique, qui s’écrit avec quatre caractères, « s’asseoir », « fond d’un puits », « contempler » et « ciel ». Ces mots repris dans le titre de ces mémoires, ouvrent les perspectives de réflexion du haut prélat. Rédigé en trois parties, le livre n’entre pas dans la polémique des relations diplomatiques tendues entre le Vatican et Pékin, mais veut attirer l’attention sur l’Empire du milieu.
Une affaire de panda.
Ainsi, le cardinal français témoigne de son écoute de la Chine, et retrace les chemins qui se sont présentés à lui. « Ma bonne volonté s’appuie sur le respect et sur la mémoire d’un grand peuple », souligne-t-il. Et de s’interroger sur l’avenir spirituel et religieux de la Chine et de l’Inde, qui comptent à elles seules plus du tiers de la population mondiale.
Ce qui lie aussi le diplomate à la Chine, comme il aime parfois à le raconter, c’est qu’il est originaire d’Espelette, un petit village du pays basque français, où est né, dans une maison voisine de la sienne, le père Armand David. Ce missionnaire et explorateur naturaliste du 19e siècle a découvert le grand panda dans la région de Moupin (Sichuan) en Chine, et l’a fait connaître au monde entier.
Le cardinal Roger Etchegaray, aujourd’hui âgé de 82 ans, a toujours été proche de Jean Paul II. Ce dernier l’a créé cardinal lors de son premier consistoire, le 30 juin 1979, il était à l’époque archevêque de Marseille depuis 1970.
« Diplomatie parallèle »
Le cardinal français a rejoint Rome en 1984 pour présider deux dicastères, le Conseil pontifical Cor Unum (action caritative) jusqu’en 1995, et le Conseil pontifical Justice et Paix, jusqu’en 1998. Une double fonction qui en fait l’ambassadeur des missions délicates du pape. Mandaté par le pape pour sillonner la planète, il a ainsi développé une diplomatie personnelle, venant compléter celle officielle du Saint-Siège.
Le cardinal Etchegaray accomplit sa « diplomatie parallèle » en tant que représentant personnel du pape, et non comme délégué officiel du Vatican, une distinction subtile qui lui a permis de s’introduire partout, sans pour autant impliquer le Saint-Siège. Cette confiance de Jean Paul II s’est aussi exprimée dans la nomination du cardinal comme président du Comité du Grand Jubilé de l’an 2000. (apic/imedia/hy/pr)
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