L’évêque émérite d’Amiens célèbre celui qui partagea son manteau

Jura pastoral: Pour honorer la tradition de la Saint-Martin

Porrentruy, 7 novembre 2004 (Apic) A l’occasion de la St Martin, l’évêque émérite d’Amiens Mgr Jacques Noyer, a rappelé le geste de ce saint très partageux. Au-delà du geste de charité chrétienne, iI y voit les prémisses de la justice moderne.

Un officier romain sur son cheval tranchant son manteau de son épée pour en donner la moitié à un pauvre : c’est ainsi que l’iconographie représente St Martin. Pourquoi le monde entier vénère-t-il ce geste depuis les premiers siècles de notre ère ? Mgr Jacques Noyer, évêque émérite d’Amiens, était à Porrentruy à l’invitation du Forum St-Charles, pour une entrée en matière inédite de la fameuse tradition culinaire ajoulote de la St-Martin.

Martin demeure pour l’évêque émérite comme l’archétype de la charité chrétienne. Et c’est étonnant, ajoute Mgr Noyer, parce qu’au moment de son geste, il n’était ni chrétien ni baptisé. L’évêque émérite s’est attaché à démontrer que St Martin laisse sa trace dans l’Europe entière, sous forme de prénoms, de patronymes et de lieux-dits. Le geste de St Martin était à la fois scandaleux et prophétique : il a inauguré un nouveau mode de charité qui inclut la justice, au nom du partage, a-t-il dit en substance. De plus, le geste de déchirer son uniforme, marque du prestige et du pouvoir, fait de l’arme de guerre (l’épée) arme de paix.

Le fondateur des paroisses

Martin était né en Hongrie en l’an 316 ou 317 selon la chronologie longue ou courte. Son père, officier romain en garnison, lui donna le nom de Martin en référence à Mars, dieu de la guerre. Martin entre dans la garde impériale à quinze ans. A 18 ans, il est en garnison à Amiens, où s’est déroulée la fameuse scène du partage du manteau et où il reçoit le baptême. C’est là tout l’intérêt de Mgr Noyer pour ce saint, canonisé sans avoir été martyr.

Martin quitte l’armée, voyage jusqu’à Constantinople, rejoint Hilaire de Poitiers et réalise sa vie érémitique. Les tournées apostoliques de sa communauté lui font une rapide renommée de thaumaturge. Il est ordonné prêtre au moment de la mort de l’évêque de Tours. Il en devient le successeur par la volonté de la population. Martin s’efforce de combattre le paganisme, fonde des paroisses jusqu’au Luxembourg en plaçant ses compagnons à leur tête, les premiers curés. Il crée le premier monastère d’Occident à Marmoutier. Il meurt à Tours le 11 novembre 397. L’un de ses disciples, Sulpice Sévère, racontera sa vie et contribuera à sa notoriété.

La charité consiste souvent à faire don du superflu. Martin invite à aller au-delà, à donner de son nécessaire, selon Mgr Noyer. «L’Evangile n’est pas une morale de plus dans la conscience des hommes», lance-t-il. Et sa conclusion est cinglante : «Celui qui est incapable de partage n’est pas capable de foi». (apic/sic/vb)

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