Français menacés

Paris: La Côte d’Ivoire sera pour la France un Vietnam

Paris, 7 novembre 2004 (Apic) Le président de l’Assemblée nationale ivoirienne, Mamadou Koulibaly, a déclaré sur les ondes de France Info dimanche 7 novembre que le gouvernement ivoirien était entré en «résistance» contre ce qui est perçu comme la mainmise française.

Dans un entretien à Radio France Info, rapporté par l’AFP, le président de l’Assemblée nationale ivoirienne, Mamadou Koulibaly, a mis en garde contre des réactions «hyper-barabares» à l’encontre de ressortissants français, dont certains sont des hommes d’affaires prospères, qui vivent en Côte d’Ivoire depuis de très longues années, en cas d’actions militaires menées par les unités françaises déployées dans le pays.

«Nous sommes vraisemblablement partis pour une guerre longue, difficile, un bourbier pour les Français. Ce qui s’est passé (…) marque un point de rupture. Le Vietnam ne sera rien par rapport à ce que nous allons faire ici», a-t-il déclaré.

Pour lui, «les autorités ivoiriennes se considèrent désormais comme des autorités rebelles au pouvoir français que Jacques Chirac essaye d’installer en Côte d’Ivoire et il y aura une résistance farouche», ajoutant: " Nous sommes une petite économie francophone, nous avons des liaisons historiques avec la France (…) Pourquoi vouloir nécessairement recoloniser ce peuple qui déjà adhère à la francophonie. Nous voulons la liberté», a encore déclaré M. Koulibaly.

La Côte d’Ivoire est de nouveau en situation de guerre depuis dimanche 7 novembre après la riposte de la France à une attaque de l’aviation ivoirienne, qui a entraîné dans la nuit de violentes manifestations de partisans du président ivoirien Laurent Gbagbo contre des Français d’Abidjan. Les 150 premiers renforts annoncés par Paris (300 hommes au total) sont arrivés dimanche à Abidjan en provenance de Libreville.

Troupes de l’Onu sur place

Les forces françaises avaient pris le contrôle de l’aéroport et maîtrisé les appareils gouvernementaux après l’attaque meurtrière (neuf soldats français tués, ainsi qu’un ressortissant américain et 22 blessés) d’un cantonnement français par l’aviation ivoirienne à Bouaké (centre).

La Côte d’Ivoire est coupée en deux depuis la rébellion de septembre 2002, les rebelles contrôlant le nord du pays. Des troupes de l’Onu (6’000) et des forces françaises (4’000) y ont été déployées pour surveiller l’application des accords de paix de Marcoussis. Le régime Gbagbo a relancé le conflit en menant depuis jeudi 4 novembre des bombardements sur des zones rebelles.

Une centaine d’étrangers menacés par les pillages en Côte d’Ivoire ont été regroupés dans le cantonnement d’une unité française à Abidjan devant lequel manifestent des Ivoiriens, a annoncé dimanche un porte-parole militaire français pour qui «la situation n’est pas facile, mais sous contrôle».

Selon les témoignages recueillis sur place par l’AFP, de nombreuses personnes ont passé la nuit sur le toit de leur immeuble pour échapper aux émeutiers qui ont pillé leurs biens. Le Conseil de sécurité de l’Onu a condamné samedi les attaques gouvernementales et «exigé le respect complet du cessez-le-feu». Paris, qui va proposer sans tarder de nouvelles mesures contre la Côte d’Ivoire, a averti que M. Gbagbo serait «tenu personnellement responsable» du maintien de l’ordre public. (apic/ag/vb)

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