Berne: Les Eglises protestantes prennent position sur la cène et les baptêmes
Berne, 9 novembre 2004 (Apic) La Fédération des Eglises protestantes de Suisse (FEPS) déconseille à ses communautés de pratiquer l’intercélébration. Son Conseil rappelle que les divergences qui ont causé la séparation des Eglises existent toujours. Il recommandé également de refuser strictement tout rebaptême, sous peine d’isolement au sein de la FEPS, mais aussi dans le réseau des relations inter-ecclésiales et oecuméniques.
Dans une conférence de presse donnée le 9 novembre à Berne, la FEPS a présenté la vision protestante de la Cène et abordé la question du rebaptême, à savoir l’accueil de membres d’autres Eglises et confessions chrétiennes.
La FEPS affirme qu’elle apprécie l’hospitalité oecuménique et recommande de continuer à la pratiquer. En revanche, eu égard aux exigences oecuméniques, elle déconseille l’intercélébration et la concélébration. «Dans les Eglises protestantes, l’invitation à la Cène s’adresse par principe à tous ceux qui confessent la foi en Jésus Christ, indépendamment de leur appartenance confessionnelle», souligne son Conseil. «La Cène est un repas communautaire auquel Jésus-Christ lui-même convie. (.). Il est d’ailleurs bien des domaines où il serait impensable de renoncer à l’hospitalité eucharistique, comme les cultes en milieu hospitalier ou médico-social, ou au sein des familles multiconfessionnelles».
Cependant, poursuit la FEPS il ne faut pas «donner l’impression que les divergences de vues qui ont causé la séparation des Eglises seraient ainsi éliminées». C’est la raison pour laquelle elle s’oppose l’intercélébration ou concélébration, à savoir la célébration de la Cène dirigée conjointement par des officiants de diverses confessions.
Pour ce qui est du côté protestant, le Conseil de la FEPS recommande d’accorder une plus grande attention à la pratique de la Cène. «Les deux aspects concrètement visés sont la discipline liturgique et la fréquence de célébration de la Cène. Dans une perspective oecuménique, il convient également de s’interroger sur la manière de diriger la Cène et sur ce qu’il advient des espèces (pain et vin) après le culte», ajoutent les Eglises protestantes dans leur prise de position.
Le rebaptême ne se justifie pas
Plusieurs Eglises membres de la FEPS débattent actuellement de la question du rebaptême. Celle-ci rappelle que cette pratique «ne se justifie ni bibliquement ni dogmatiquement et qu’il doit pour cette raison être rejeté». Elle recommande donc «de refuser strictement tout rebaptême». Selon elle, une Eglise qui le pratiquerait «saperait sa propre doctrine et sa propre pratique, et par là sa propre conception de l’Eglise. De plus, elle s’isolerait, non seulement au sein de la FEPS, mais aussi dans le réseau des relations inter-ecclésiales et oecuméniques». (apic/com/bb)
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