Italie : Les archives sur l’Inquisition sur territoire italien seront recensées
Rome, 10 novembre 2004 (Apic) Toutes les archives sur l’Inquisition, conservées sur le territoire italien dans les fonds ecclésiastiques ou d’Etat, feront l’objet d’un recensement.
Ce travail de recensement des archives et de toute la documentation existant en Italie sur cette période sera mené conjointement par le Saint- Siège et par le ministère italien des Biens et des Activités culturelles, a indiqué mardi à Rome le porte-parole du Saint-Siège, Joaquin Navarro-Valls. Qui précise qu’un accord a été signé entre les deux parties.
Le secrétaire de la Congrégation pour la doctrine de la foi, Mgr Angelo Amato, et le directeur général pour les Archives du ministère italien pour les Biens et les Activités culturelles, l’Italien Maurizio Fallace, ont en effet signé dans l’après-midi du 9 novembre un accord de « collaboration pour entreprendre un projet de recensement des archives et de la documentation en Italie sur l’Inquisition ».
La déclaration vaticane souligne par ailleurs que « ce projet concerne non seulement le matériel sur l’Inquisition romaine, conservé dans les archives ecclésiastiques, les fonds d’Etat, les archives privées, ou les bibliothèques italiennes et étrangères, mais aussi la documentation de l’Inquisition espagnole conservée sur le territoire italien et celle des autorités civiles qui ont instruit également des procès contre les hérésies, les sorcelleries et d’autres délits contre la foi ».
Qualifiant ce projet de « plus vaste opération jamais entreprise à ce jour et de grande importance pour répondre aux nouvelles orientations de la recherche internationale sur le contrôle des idées religieuses dans l’Europe médiévale et des temps modernes », J. Navarro-Valls précise que ce recensement facilitera la consultation de ce « grand patrimoine documentaire trop peu connu actuellement et dispersé dans des lieux divers ».
Selon l’accord, ce recensement, qui devrait être exécuté « sur des critères définis d’un commun accord et avec des instruments informatiques avancés », entend donner la possibilité aux historiens d’approfondir leurs connaissances « dans de nombreux domaines ». Pour ne citer que l’histoire des doctrines religieuses, de la science, des cultures populaires, de la sainteté populaire, de la censure ou encore « des systèmes de contrôle social entre le Moyen-âge et l’époque moderne ».
Nouvelle phase
Ce projet de collaboration entre le Saint-Siège et l’Etat italien, par le biais d’un groupe de chercheurs des universités italiennes, permettra ainsi, selon J. Navarro-Valls, d’approfondir « les valeurs propres du christianisme et de la civilisation occidentale ».
Par cet accord avec l’Etat italien, le Saint-Siège ouvre une nouvelle phase dans la recherche de la vérité historique sur cette page d’histoire de l’Eglise.
A la demande de Jean Paul II qui désirait pour l’an 2000 faire une demande de pardon pour les fautes de l’Eglise catholique, une commission théologique et historique s’était penchée en octobre 1998 sur le contexte et les fondements de l’Inquisition. Les actes du colloque de 1998, publiés par le Saint-Siège en juin 2004, ont ainsi montré « l’importante contribution des historiens » pour avoir « une connaissance exacte des faits », avait expliqué le pape dans une lettre publiée à l’occasion de cette publication. (apic/imedia/bb/pr)
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