Bruxelles: Les évêques de l’UE sont réticents face à l’adhésion de la Turquie
Bruxelles, 19 novembre 2004 (Apic) Les évêques représentants les pays de la Communauté Européenne se sont rassemblés en réunion plénière les 18 et 19 novembre à Bruxelles. Ils se sont montrés réticents face à une éventuelle adhésion de la Turquie, non pas pour des motifs religieux mais du fait que «les Droits Fondamentaux ne sont pas entièrement respectés».
Les évêques de la Commission des Conférences des Evêques Catholiques des Etats-membres de l’UE (COMECE) soulignent dans un communiqué diffusé le 19 novembre qu’ils ont abordé la consolidation de l’Union Européenne élargie, la ratification du Traité Constitutionnel, l’adhésion de la Turquie, et la mise en oeuvre de la Stratégie de Lisbonne afin de sauvegarder et promouvoir les intérêts des citoyens européens.
Au terme d’un débat à l’intérieur de la COMECE, les évêques soulignent que «la question de savoir si la Turquie peut entamer les négociations en vue d’une adhésion ultérieure à l’Union Européenne, n’est pas une question d’ordre religieux mais politique». Ils expriment leurs réticences face aux négociations avec la Turquie, non pas pour des motifs religieux, mais du fait que «les Droits Fondamentaux, et y inclus la liberté religieuse, ne sont pas entièrement respectés dans cet Etat». Les évêques appellent dans tous les cas la Turquie à «respecter les droits fondamentaux, par exemple l’égalité du statut des femmes, la liberté d’expression et association et la liberté religieuse».
Par ailleurs, les évêques de la COMECE accueillent favorablement la confirmation de la nouvelle Commission Européenne par le Parlement Européen. Ils insistent sur «le rôle qu’elle tient dans l’apport d’une réponse aux besoins des citoyens européens vers la recherche du bien commun».
Intolérance envers les opinions de Buttiglione
Tout en approuvant le scrutin démocratique sur les qualifications politiques des commissaires désignés, la COMECE regrette «la controverse qui a entouré la nomination et les opinions personnelles de Rocco Buttiglione, et l’impasse politique qui a suivi». Certains membres du Parlement européen «ont fait preuve d’intolérance face aux croyances personnelles du commissaire désigné plutôt que de se concentrer sur sa capacité à honorer le rôle politique qui lui était confié»; déplorent les évêques. Ils demandent que «la liberté de religion et d’expression religieuse, accordée par le Traité Constitutionnel, soit entièrement respectée et assurée dans toutes les institutions européennes dans l’Union élargie».
Les évêques de la COMECE soulignent l’importance de maintenir de bonnes relations entre les Etats-Unis d’Amérique et l’Union Européenne. Selon eux, une telle coopération serait particulièrement précieuse «en ce qui concerne la lutte contre le terrorisme, le renforcement de la politique économique et commerciale et la solidarité avec les pays en voie de développement et les pays les moins développés».
Les évêques, tout en saluant la signature du Traité Constitutionnel de l’Union européenne, trouvent à nouveau «regrettable qu’il ne reste aucune référence au Christianisme dans la version finale du préambule de ce texte». Par ailleurs, ils reconnaissent qu’il est nécessaire de réformer l’économie «afin de sauvegarder le modèle social européen qui est en danger face à la mondialisation et au déclin démographique». Ajoutant: «Le rôle de la famille est particulièrement important pour le modèle social européen, étant donné son rôle unique dans l’offre de services à la société». (apic/com/bb)
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