En cause: le cours «néo-libéral» du gouvernement brésilien
Brasilia, 23 novembre 2004 (Apic) Le religieux dominicain Frei Betto, conseiller du président brésilien Luis Inacio «Lula» da Silva pour le Plan «Faim Zéro», quittera le gouvernement à la fin de l’année. Le célèbre théologien de la libération ne partage pas le cours «néo-libéral» du gouvernement brésilien.
Agé de 60 ans, Frei Betto invoque publiquement des «raisons personnelles», mais il a fait montre à plusieurs reprises de son mécontentement concernant la politique sociale et économique de Lula. Elu grâce à une forte mobilisation du Parti des Travailleurs (PT), le président brésilien est au pouvoir depuis le 1er janvier 2003.
Ces dernières semaines, plusieurs amis du président Lula appartenant au camp progressiste ont donné leur démission de postes gouvernementaux ou ont été remerciés. Carlos Alberto Libânio Christo, connu partout sous le nom de Frei Betto, est un intellectuel respecté au niveau international.
C’est un frêle religieux dominicain qui passé plusieurs années dans les geôles de la dictature militaire à la fin des années 60, quand il était dirigeant de la Jeunesse Etudiante Chrétienne (JEC). Il était cette année l’hôte de l’Action de Carême et de Pain pour le Prochain, où il a participé le 2 mars dernier au lancement de la campagne oecuménique sur la sécurité alimentaire lancée par les oeuvres d’entraide confessionnelles suisses.
Ecrivain prolixe (il a déjà publié 49 livres!) et figure de proue de la théologie de la libération, incarnant l’espoir de millions de Brésiliens, Frei Betto avait quitté son couvent de las Perdizes à Sao Paulo pour ses nouveaux bureaux du Palais de Planalto, dans la capitale fédérale Brasilia. Il apportait sa caution à son ami le président Lula, ancien métallurgiste et syndicaliste qui a connu la faim dans sa famille: quatre de ses frères et soeurs en sont morts.
Frei Betto s’est lié d’amitié avec Lula dans les années 70, alors qu’il était l’un des principaux leaders syndicaux dans la région de l’ABC, le Grand Sao Paulo. Arrivé au pouvoir, ce dernier l’a chargé de coordonner la mobilisation sociale de la société civile pour le droit à l’alimentation.
Eradiquer la faim qui frappe 50 millions de Brésiliens
«Faim Zéro» a pour but d’éradiquer la faim qui frappe 50 millions de Brésiliens, sur les 175 que compte le pays. «22,5 millions de Brésiliens sont déjà touchés par le programme, déclarait récemment Frei Betto, et ils seront 30 millions à la fin de l’année». Les évêques, même les conservateurs, participent de mille manières à la campagne «Faim Zéro», soutenue par plus de 30 Eglises et groupes religieux.
Mais ce programme gouvernemental ambitieux, dirigé par le ministre du développement social et de la lutte contre la faim, Patrus Ananias, ne semble pas aller dans le sens prôné par Frei Betto. Le dominicain est entré à plusieurs reprises en conflit avec son ministre. Le programme «Faim Zéro» mis en place avec l’arrivée de Lula est la cible de nombreuses critiques, notamment en raison du peu de moyens attribués ainsi que du manque d’efficacité et de contrôle. (apic/fsp/be)
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