Rome: Translation des reliques des saints byzantins à Constantinople
Rome, 28 novembre 2004 (Apic) La translation des reliques de saints Jean Chrysostome (349-407) et Grégoire de Nazianze (330-390) à Constantinople constitue une occasion «de purifier la mémoire du passé et d’avancer dans la pleine communion». C’est ce qu’a affirmé Jean Paul II lors d’une cérémonie oecuménique dans la basilique Saint-Pierre, dans la matinée du 27 novembre, alors qu’il remettait les reliques au patriarche oecuménique Bartholomé Ier, venu à Rome pour l’occasion.
«La translation de ces saintes reliques» est «une occasion bénie pour purifier notre mémoire blessée et pour renforcer notre cheminement de réconciliation», a déclaré le pape dans une lettre au patriarche, lue par un collaborateur de la Secrétairerie d’Etat. «C’est le moment propice pour montrer avec des paroles et avec des gestes d’aujourd’hui les immenses richesses que nos Églises conservent dans les trésors de leurs traditions», a-t-il poursuivi, citant sa propre lettre apostolique publiée en mai 1995 et intitulée Orientale lumen.
Pour le souverain pontife, ce geste veut être une prière d’intercession «pour que le Seigneur hâte l’heure à laquelle nous pourrons ensemble, dans la célébration de la sainte Eucharistie, vivre pleinement la communion». Alors que certains organes de presse ont attribué ce geste à un acte de réparation et de pardon pour les croisades et le sac de Constantinople, le Saint-Siège a démenti fermement cette idée, parlant de «retour» et non de «restitution» des reliques à Constantinople.
«Un acte sacré qui répare une anomalie»
Pour sa part, le patriarche de Constantinople a remercié chaleureusement Jean Paul II pour sa «décision de bonne volonté» de «restituer» les reliques qui ont «ainsi terminé leur éloignement involontaire et séculaire imposé par des circonstances fâcheuses pour l’Eglise». Bartholomé Ier a souligné combien la translation des reliques de ces deux évêques de Constantinople du premier millénaire «est un motif de joie non seulement pour l’Eglise orthodoxe qui les vénère profondément, mais aussi pour tous nos frères catholiques» qui vivent en Turquie. «Nous célébrons aujourd’hui un acte sacré qui répare une anomalie et une injustice ecclésiale», a affirmé le patriarche oecuménique qui estime que ce geste de Rome «confirme qu’il n’existe pas, dans l’Eglise du Christ, des problèmes insurmontables».
«Nous sommes convaincus, Sainteté, que vous désirez fortement l’amélioration des relations entre nos Eglises», a-t-il poursuivi, reconnaissant les «pèlerinages épuisants» du pape à caractère oecuménique dans l’objectif de «cicatriser les vieilles blessures et d’en prévenir de nouvelles». Pour le patriarche, «tout ceci contribue à la création des fondements nécessaires pour poursuivre le dialogue».
Le patriarche Bartholomé Ier a conclu son homélie, espérant que de geste du pape sera «imité» par tous ceux qui, «arbitrairement, possèdent et détiennent encore des trésors de la foi, de la piété populaire et de la civilisation d’autrui, afin qu’ils soient restitués à ceux qui, justement, les recherchent et les réclament».
Cérémonie oecuménique pour la remise des reliques
Le pape, assis désormais sur son fauteuil placé sur un trône mobile, était venu accueillir le patriarche dans l’atrium de la basilique où ils se sont donnés le baiser de paix. Ils ont ensuite remonté côte à côte l’allée centrale de la basilique vaticane afin de présider ensemble la cérémonie oecuménique. Puis, les reliques ont été portées en procession du fond de la basilique vers l’autel central, alors que le choeur chantait en latin la litanie des saints, une prière qui invoque un par un le nom des saints. Et les choeurs grecs ont accompagné le geste solennel de l’encensement des reliques disposées devant l’autel pour toute la célébration.
Introduisant cette liturgie de la parole, Jean Paul II avait insisté sur «ce moment significatif de prière, d’échange de dons et de communion fraternelle», avant la lecture de différentes poésies et prières composées par les deux saints ainsi qu’un échange de lettres entre saint Jean Chrysostome et le pape Innocent III. La prière universelle, lue alternativement par le diacre orthodoxe et le diacre latin, a invoqué également «la communion» et la «pleine unité» voulue par Dieu alors que l’Eglise orthodoxe est séparée de Rome depuis le grand schisme de 1054.
Au terme de cette célébration qui a duré plus d’une heure, le patriarche a été reçu en privé par Jean-Paul II, avant que la délégation orthodoxe, accompagnée de la délégation du Saint-Siège -qui se rend en Turquie pour les cérémonies solennelles de saint André le 30 novembre-, ne prenne l’avion pour Istanbul dans l’après-midi.
4e visite de Bartholomé Ier au Vatican
Avec cette visite, le patriarche Bartholomé Ier s’est rendu quatre fois au Vatican depuis son élection comme 273e patriarche oecuménique de Constantinople en octobre 1991. La première fois en juin 1995, puis en janvier 2002 avant de participer à la prière interreligieuse pour la paix à Assise. La dernière rencontre entre les deux hommes remonte à juin dernier. Pour fêter le 40e anniversaire de la rencontre historique entre le pape Paul VI et le patriarche Athénagoras à Jérusalem en juin 1964, le patriarche oecuménique avait guidé en personne la délégation orthodoxe qui se rend chaque année au Vatican pour la fête des saints Pierre et Paul. Par ailleurs, en 1994, Jean Paul II avait demandé à Bartholomé Ier de rédiger les médiations du Chemin de Croix présidé chaque année par le souverain pontife au Colisée. (apic/imedia/bl/bb)
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