Londres: Amnesty international soutient que 20 ans après, la pollution continue à Bhopal
Londres, 28 novembre 2004 (Apic) Le 3 décembre 1984, un gaz toxique, du méthyle d’isocyanate, s’échappe en pleine nuit d’une usine de l’entreprise Union Carbide (UCC) produisant des pesticides. Ce nuage provoquera à Bhopal, en Inde, la plus meurtrière catastrophe due à une pollution toxique, avec 20’000 morts et 100’000 personnes souffrant d’une maladie chronique.
Vingt ans après, les conséquences de la fuite de gaz et d’un environnement contaminé continuent d’affecter gravement les droits humains fondamentaux de la population des environs, soutient Amnesty International dans un rapport publié le 29 novembre.
«Depuis une génération, les survivants attendent toujours un dédommagement équitable et des soins médicaux appropriés», a déclaré Benedict Southworth, directeur de campagne à Amnesty International. «UCC et Dow – qui ont fusionné en 2001 – n’ont toujours pas nettoyé le site et n’ont pas mis fin à la pollution de l’environnement qui a débuté avec l’ouverture de l’usine dans les années 1970. Aujourd’hui encore, les habitants des environs continuent à tomber malade parce qu’ils boivent de l’eau contaminée.»
À ce jour, peu de recherches médicales ont été entreprises sur les conséquences de la fuite de gaz de Bhopal et de la pollution qu’elle a entraînée, dénonce Amnesty International. «Le gouvernement indien doit empêcher que la santé de la population aux environs du site soit encore davantage altérée. Il doit veiller pour cela à ce que Dow nettoie le site et dédommage équitablement les victimes et il doit ordonner une étude d’impact approfondie en termes de santé et de pollution», affirme l’organisation dans son rapport.
Responsabilité jamais clairement établie
Amnesty Internartional relève également que la responsabilité de cette catastrophe n’a jamais été clairement établie. «UCC a essayé de faire porter la responsabilité à Union Carbide India Ltd (UCIL) en disant qu’elle n’avait aucun contrôle sur sa filiale indienne. En fait, UCC possédait 50,9 % des parts d’UCIL et exerçait un contrôle étroit tant sur sa gestion que sur son fonctionnement technique. Elle était donc en mesure d’éviter la catastrophe», lance l’organisation de défense des droits humains.
Amnesty International appelle la population du monde entier à écrire à Dow pour lui demander de nettoyer le site. La Section suisse d’Amnesty, Greenpeace et le syndicat UNIA seront présents le 3 décembre de 16h45 à 18h à Horgen, dans le canton de Zurich, où se trouve le siège européen de Dow Chemical, pour inaugurer un mémorial dédié aux victimes de la catastrophe de Bhopal. (apic/com/bb)
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