Berne: Recherche sur les cellules souches embryonnaires approuvée à 2 contre 1

« Glissement des paramètres éthiques »

Berne, 28 novembre 2004 (Apic) La loi réglant la recherche à partir de cellules souches embryonnaires a été approuvée le 28 novembre à 66,4% par le peuple suisse. Le secrétaire général de la Conférence des évêques suisses (CES), l’abbé Agnell Rickenmann, dénonce le « glissement des paramètres éthiques » dont ce vote ne constitue qu’une étape. « A quand le clonage? », se demande-t-il.

Les citoyens suisses ont été 1’156’613 à dire « oui » à la loi sur les cellules souches embryonnaires, alors que 585’414 l’ont rejetée. Les 23 cantons suisses l’ont unanimement approuvée. Ce résultat est bien plus net que ne le laissaient prévoir les derniers sondages, qui donnaient oui à 52%. Les cantons romands sont tous nettement au-dessus de la moyenne, sauf le Valais catholique qui approuve à 56%. Ainsi Genève est en tête au niveau fédéral avec 85% d’avis favorables, suivi de Vaud avec 84%.

L’éthique se plie devant « l’utilitarisme »

Ce projet a été combattu par l’Eglise catholique et par quelques partis très minoritaires, et accepté par les Eglises protestantes et tous les grands partis. L’abbé Agnell Rickenmann ne se dit donc pas totalement déçu par le résultat. « Je craignais qu’il soit encore plus net », a-t-il déclaré à l’Apic. « Même avec peu de temps et de moyens, nous avons mobilisé un bon nombre de voix. Nos efforts ont porté leurs fruits ». Selon le secrétaire de la CES, la recherche à partir des cellules souches embryonnaire constitue une deuxième étape dans une sorte de « glissement des paramètres éthiques ». La première étape a concerné la votation sur la fécondation in vitro, où beaucoup se sont sentis trompés en découvrant que cette opération engendrait des embryons « surnuméraires ». « Je crains que la 3e étape soit le clonage », a-t-il déclaré à l’Apic. L’abbé Rickenmann déplore également que l’éthique se plie devant « l’utilitarisme au service des grandes entreprises internationales », ajoutant: « Nos politiciens sont trop peu soucieux de ce glissement ».

Près de 1000 embryons surnuméraires en Suisse

Le peuple suisse autorise donc la recherche scientifique à partir de cellules souches extraites d’embryons dits « surnuméraires », produits lors des fécondations in vitro. Des conditions très strictes conditionneront cette recherche, comme la preuve de sa nécessité, le consentement des géniteurs de l’embryon, l’interdiction de tout commerce, ainsi que le suivi et la surveillance par les autorités. Les hôpitaux de Suisse conservent actuellement dans des congélateurs près de 1000 embryons surnuméraires, datant d’avant l’interdiction de leur production en 2001. Ils devaient être détruits d’ici à 2005. Avec cette nouvelle loi, ils pourront être utilisés à des fins de recherche jusqu’en 2008. (apic/bb)

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