Les femmes plus vulnérables que les hommes face à l’épidémie du sida
Rome, 30 novembre 2004 (Apic) Les femmes sont plus vulnérables que les hommes face à la progression de l’épidémie du sida, écrit le cardinal Javier Lozano Barragan, président du Conseil pontifical pour la pastorale de la santé, dans un message rédigé à l’occasion de la Journée mondiale du Sida, célébrée le 1er décembre de chaque année.
Ce document, adressé aux présidents des Conférences épiscopales et aux évêques chargés de la pastorale de la santé, a été rendu public le 30 novembre 2004.
«Une étude a montré que les femmes ont 2,5 fois plus de risques que les hommes d’être contaminées par le sida» relève le cardinal, qui déplore les «discriminations» dont elles souffrent dans les domaines de l’éducation, de l’assistance sanitaire et du travail.
Cette année, l’Organisation des Nations Unies chargée de la lutte contre le sida (UNAIDS) a dédié cette journée du 1er décembre aux femmes et aux adolescentes».
Cette vulnérabilité des femmes face à l’épidémie «augmente la possibilité d’effondrement social» dans de nombreux pays, a poursuivi le cardinal mexicain, car, a-t-il dit, les femmes «sont le pilier de la famille et des communautés».«La situation est aussi dramatique pour les enfants», a insisté le cardinal: Entre 2001 et 2003, le nombre d’enfants devenus orphelins suite à la mort de leur parents touchés par l’épidémie est passé de 11,5 millions à 15 millions. Avant 2010, ils seront 18,4 millions. Particulièrement en Afrique, l’accueil de ces orphelins est une charge pour leur famille déjà pauvre, a-t-il insisté.
Le «ministre de la Santé» de Jean Paul II constate qu’il s’agit là de l’»une des épidémies les plus dévastatrice de nos temps». Selon un rapport onusien, depuis l’apparition du sida dans les années 80, 22 millions de personnes en sont mortes et actuellement 42 millions d’individus sont séropositifs. En 2003, l’épidémie a fait 2,9 millions de morts et près de 4,8 millions de personnes ont été contaminées.
Dans de nombreux pays, et en particulier en Afrique, au Botswana, au Swaziland et au Zimbabwe, l’épidémie se propage très rapidement, insiste le prélat, qui s’est aussi inquiété de la progression de la maladie dans des pays très peuplés comme l’Inde et la Chine. «D’ici à 2025, on prévoit que le sida fera 31 millions de morts en Inde et 18 millions en Chine».
Le cardinal a aussi souligné le rôle de l’Eglise catholique dans la lutte contre l’épidémie. «Actuellement, 26,7 % des centres de soins contre le Sida dans le monde sont catholiques», a-t-il indiqué, félicitant et encourageant les Eglises locales, les instituts religieux et les associations laïques engagés dans le combat contre la maladie.
Le cardinal rappelle enfin que le pape, dans son message pour la Journée mondiale des malades 2005, publié le 29 septembre 2004, a souligné que le «drame du sida se présente comme une pathologie de l’esprit qui doit être combattu de façon responsable, en approfondissant la prévention par le biais de l’éducation au respect des valeurs sacrées de la vie et par la formation à une pratique correcte de la sexualité. (apic/imedia/hy/pr)
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