« Le laïcisme radical peut détruire l’humanisme »
Rome, 2 décembre 2004 (Apic) Le cardinal Joseph Ratzinger, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, a une nouvelle fois dénoncé le « laïcisme radical » qui « ne comprend pas l’Eglise ».
Au cours d’un séminaire restreint sur l’identité européenne, organisé par la congrégation des Salésiens, à Rome, le 1er décembre 2004, au soir, il a estimé que nous sommes à un moment préoccupant: « Le laïcisme radical peut détruire l’humanisme », a lancé le cardinal allemand. « Mais dans le même temps, nous avons les attentes de tant de secteurs laïcs qui cherchent le dialogue pour aider à faire croître une nouvelle identité européenne ».
« Le concile Vatican II a déclaré que l’Eglise voulait dialoguer avec le monde moderne, a-t-il poursuivi, et aujourd’hui l’Eglise le veut encore plus ». Mais dans le même temps, il y a un « laïcisme radical », qui non seulement s’oppose à l’Eglise, mais en « travestit » les enseignements. C’est le cas du laïcisme fondé « sur l’idée de la liberté absolue » qui se présente comme une « trahison de la vision de l’Illuminisme (doctrine métaphysique et mystique fondée sur la croyance à une illumination intérieure inspirée par Dieu, ndlr) qu’il dit vouloir représenter ».
Aujourd’hui, selon le cardinal, les laïcs radicaux caricaturent cette doctrine, au nom « d’une vision du monde, d’une philosophie, selon laquelle l’homme est un produit du hasard et peut prendre en main sa vie sans normes, au nom de la liberté absolue ».
Pour s’opposer à ce laïcisme « matérialiste » et « dominé par le pouvoir économique », il convient de « motiver les laïcs » afin qu’ils s’engagent « pour avoir des lois saines » faites par « des hommes politiques bien évangélisés », a conclu le haut prélat.
Le 16 novembre 2004, sur les ondes de Radio Vatican, le cardinal Ratzinger avait appelé les chrétiens à un nouvel engagement dans la construction européenne. « L’avenir d’une société dépend souvent des minorités créatives. Les chrétiens devraient se considérer comme telles et contribuer à faire en sorte que l’Europe regagne le meilleur de son héritage et serve ainsi d’exemple à l’humanité entière », avait-il alors déclaré.
L’idéologie du laïcisme
Le 25 octobre dernier, le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi avait souligné devant un parterre de diplomates, d’intellectuels et de journalistes, que « le laïcisme est une idéologie partiale car elle n’est pas capable de répondre au défi moral et fragmente la personne humaine », donnant en exemple la question de la bioéthique.
Enfin, en juin 2004, le « gardien de la doctrine de l’Eglise » avait personnellement condamné « le laïcisme absolutisé ». « Seul un sens religieux raisonné, avait-il alors expliqué, peut modérer ces radicalismes et permettre de trouver un équilibre dans le dialogue des cultures ». (apic/imedia/hy/pr)
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