Amérique centrale: Les Eglises s’unissent pour faire face au problème de la délinquance
San Salvador, 2 décembre 2004 (Apic) Les Eglises d’Amérique centrale ont décidé d’unir leurs forces afin de récupérer les jeunes membres de bandes des rues.
Cette initiative a été annoncée par Mgr Romulo Emiliani, évêque auxiliaire de San Pedro Sula, au Honduras, qui précise que la décision a été prise par le Secrétariat épiscopal d’Amérique centrale (Sedac), durant sa dernière réunion tenue au Costa Rica.
Mgr Emiliani, qui coordonnera le projet avec l’évêque auxiliaire de San Salvador, Mgr Gregorio Rosa Chavez, a rappelé que les pays les plus touchés par le phénomène des bandes de jeunes sont le Honduras, le Guatemala et le Salvador, même si le phénomène des «maras» – du nom donné aux gangs des rues dans la région – a commencé à se manifester aussi au Nicaragua, au Costa Rica et au Panama.
Le Sedac a fixé comme objectif de soustraire 100’000 jeunes au réseau de la criminalité. A cette fin, les Eglises des pays d’Amérique centrale mettront en commun leurs ressources, les informations à leur disposition avec la collaboration d’experts pour mettre sur pied des centres d’accueil et engager des programmes de récupération dans les six pays les plus touchées.
Chiffres impressionnants
Quelques chiffres suffisent à illustrer l’ampleur du problème dans les pays d’Amérique centrale. Avec une moyenne de sept homicides par jour cette année, le Salvador occupe à nouveau cette année la tête d’un triste palmarès: celui du pays le plus violent d’Amérique centrale.
Selon les statistiques diffusées par les autorités, 1’320 personnes sont mortes tuées par des armes à feu et 314 des conséquences de blessures d’armes blanches. Depuis le début 2004, 1’646 hommes qui sont morts contre 151 femmes. Pour la majeure partie des homicides, survenus essentiellement dans les zones urbaines, la police accuse les «pandillas» ou «maras», des bandes de jeunes responsables de nombreuses activités criminelles non seulement au Salvador mais dans toute l’Amérique Centrale. Pour y faire face, les gouvernements de ces pays ont du reste adapté leur arsenal législatif afin de mieux affronter ce phénomène fort répandu.
En 2003 au Salvador, pays d’une extrême pauvreté, où plus de 40% de la population est sans emploi et la moitié environ vit en dessous du seuil de pauvreté, des chiffres donnés par ces ONG révélaient 139 homicides pour 100’000 habitants.
Honduras, l’ONU enquête sur les assassinats de plus de 820 enfants et jeunes de la rue. Des centaines d’enfants et d’adolescents sont en effet assassinés chaque année dans ce pays, selon l’organisation de défense des droits de l’enfant en Amérique latine, «Casa Alianza». Dans nombre de cas, des officiers de police en uniforme sont impliqués dans ces meurtres, que les forces de l’ordre assimilent à du «nettoyage».
La sale guerre
Au Guatemala, l’Eglise catholique dénonçait il y a peu l’enlèvement et l’assassinat de centaines d’enfants par l’armée. Et en particulier des enfants indiens. Durant la «sale guerre» anti-subversive menée depuis par les forces de sécurité guatémaltèques, l’armée est accusée d’avoir kidnappé des enfants des communautés Mayas et de les avoir fait disparaître.
Dans un rapport de 200 pages intitulé «Au revoir, enfance ’disparue’ dans le conflit armé interne au Guatemala», le Bureau pour les droits de l’Homme de l’archevêché de Guatemala Ciudad affirmait alors que dans 92% des cas, l’armée est responsable des «disparitions forcées» visant les enfants mineurs durant les 36 années de guerre civile qui se sont achevées en 1996. Mais la «sale guerre» continue aujourd’hui, faisant quotidiennement son lot de victimes parmi les enfants des rues. (apic/misna/ag/pr)
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