Rome: Jean Paul II dénonce les mines antipersonnel
Rome, 2 décembre 2004 (Apic) Le pape Jean Paul II a appelé les pays n’ayant pas encore accepté la convention d’Ottawa contre les mines antipersonnel à adhérer à ce texte.
Dans un message écrit en français, daté du 22 novembre et adressé à Wolfgang Petritsch, président de la première Conférence d’examen de la Convention d’Ottawa, le pape dénonçant ce « terrible fléau des temps modernes » que sont les mines antipersonnel. Il lance un appel « à l’universalisation de la Convention d’Ottawa ». A ce jours, les Etats-Unis, la Russie et la Chine s’obstinent encore et toujours à ratifier cette convention.
Le message du pape a été lu en séance le 1er décembre, par Mgr Giampaolo Crepaldi, secrétaire du Conseil pontifical Justice et Paix, chef de la délégation du Saint-Siège à la conférence qui se déroule à Nairobi du 29 novembre au 3 décembre.
Le pape invite « les nations qui hésitent encore à y adhérer à rejoindre le camp de la paix, en neutralisant définitivement ces engins de morts ». Les Etats signataires doivent « respecter et renouveler de manière claire leurs engagements », afin d’atteindre les objectifs fixés par la Convention signée en 1997.
Ainsi, « Le Saint-Siège (signataire du traité) entend contribuer de manière active à la mise en application » de la convention, a souligné Jean Paul II. Le Vatican a lancé une campagne de sensibilisation des Eglises locales au problème des mines antipersonnel, « sollicitant un engagement actif à ce sujet ».
« Il est importe de poursuivre les efforts en particulier dans les domaines de la destruction des stocks de munitions, du déminage et de la réintégration socio-économique des victimes de ces armes », a poursuivi le pape. « Les mines antipersonnel tuent et mutilent de nombreuses victimes innocentes, et elles entravent aussi gravement l’économie des pays en voie de développement, les privant de nombreuses terres agricoles encore minées. Il faut que cela cesse ! », a-t-il lancé.
« Il convient de susciter une coopération bilatérale et multilatérale entre les pays affectés par ce fléau et ceux qui ne le sont pas, entre les pays pauvres et les pays riches, en prenant les décisions politiques qui s’imposent, ainsi que les dispositions financières qui leur sont connexes », explique le pape dans sa lettre. Pour lui, il est nécessaire que la vigilance de la communauté internationale ne se limite pas aux aides financières allouées. Elle doit viser, a-t-il insisté, « à rendre les personnes actrices de leur propre développement, par des actions de sensibilisation aux dangers des mines antipersonnel, de réhabilitation des personnes handicapées, de suivi psychologique, de réintégration dans la société et l’éducation à la paix, ainsi que par l’utilisation accrue des moyens de communication sociale, afin d’accroître la conscience de l’opinion publique internationale ».
Sept ans après l’adoption de la Convention d’Ottawa, les 143 pays signataires du texte interdisant les mines antipersonnel se retrouvent à Nairobi pour faire le point. Depuis 1997, les Etats membres de la Convention ont détruit 37 millions de mines de leurs arsenaux et ont commencé à récolter pour les éliminer des millions de ces engins disséminés dans le monde.
Les grandes puissances militaires comme les Etats-Unis, la Russie et la Chine, mais aussi l’Inde, le Pakistan et la Corée du Sud, ne se sont pas encore joints au traité. Or, ces six pays détiennent quelque 180 millions de mines antipersonnel, selon une enquête de la Campagne internationale contre les mines. Selon le dernier rapport de la Campagne internationale contre les mines de mai 2003, au moins quatre Etats (Géorgie, Birmanie, Népal et Russie) continuent à utiliser des mines antipersonnel depuis mai 2003, alors qu’ils étaient 14 auparavant.
Il y a une dizaine d’années, quelques 2’000 personnes étaient tuées ou mutilées chaque mois par des mines, selon les chiffres du Comité international de la Croix-Rouge (CICR). Aujourd’hui, l’organisation humanitaire estime que ce bilan a été réduit des deux tiers au Cambodge, en Bosnie-Herzégovine et en Croatie. Les mines font cependant encore et toujours 15’000 victimes par an dans le monde. (apic/imedia/hy/pr)
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