Risque de main mise du gouvernement sur les écoles privées

Hong Kong : L’évêque de Hongkong s’oppose à la récente loi sur l’éducation

Hong Kong, 2 décembre 2004 (Apic) L’évêque de Hongkong ordonne aux écoles catholiques de ne pas appliquer les dispositions prévues dans la Loi sur l’éducation, votée en juillet dernier, indique «Eglises d’Asie», l’agence des Missions étrangères de Paris.

A plusieurs reprises, ces derniers mois, l’évêque du diocèse catholique de Hongkong, Mgr Joseph Zen Ze-kiun, avait dénoncé l’attitude du gouvernement hongkongais dans l’élaboration de la Loi sur l’éducation, votée le 8 juillet dernier par le Legco, le Conseil législatif de Hong Kong

Il dénonçait les agissements «unilatéraux» du gouvernement sur cette question et annonçait que l’Eglise catholique abandonnerait la gestion des écoles dont elle a la responsabilité, au cas où elle ne pourrait plus en assurer la direction effective.

Le 20 novembre dernier, Mgr Joseph Zen a adressé une lettre aux «superviseurs, directeurs et proviseurs de toutes les écoles catholiques» de Hongkong pour leur donner l’ordre de ne pas appliquer les dispositions prévues dans la nouvelle loi.

Selon Mgr Zen, la loi votée en juillet dernier et son décret d’application changent «radicalement le système éducatif de Hongkong». En mettant en place des «Comités de gestion intégrés» au niveau de chaque école privée sous contrat d’association avec l’Etat, la loi «démolit le partenariat et la relation de confiance qui existe entre les organismes de tutelle (des écoles privées) et le gouvernement», écrit Mgr Zen. Pour le prélat, la réforme, qui se présente comme une décentralisation et une démocratisation des institutions gérant les écoles privées, n’est qu’un paravent destiné à assurer la mainmise du gouvernement sur ces écoles.

L’Eglise pourrait renoncer à gérer les écoles catholiques

L’Eglise, déclare encore Mgr Zen, pourrait abandonner sa tutelle sur certaines écoles si elle ne peut plus garantir que «l’éducation qui y est dispensée est véritablement catholique». Avant d’en arriver à cette extrémité, Mgr Zen explique qu’il a réuni tous les organismes de tutelle du diocèse (le Bureau pour l’éducation du diocèse et les congrégations enseignantes) et qu’ensemble ils ont décidé de «garder la structure en place et promouvoir une gestion école par école dans le domaine de l’éducation». La responsabilité en dernier recours des écoles privées appartenant toujours aux organismes de tutelle. Quant à l’application de la nouvelle loi, Mgr Zen est très clair : «Aucune école ne doit, pour l’heure, se doter d’un Comité de gestion intégré.»

Sur le deuxième volet de sa politique – «promouvoir une gestion école par école» -, l’évêque écrit que les écoles catholiques de Hongkong ont toujours répondu aux appels du gouvernement consistant à «donner une autonomie accrue à chacune des écoles dont l’enseignement privé a la responsabilité». Et ceci dès avant le retour de Hongkong sous le drapeau chinois en 1997. Mgr Zen propose que dans toutes les écoles catholiques de Hongkong soit mis en place un «Comité exécutif d’école» (enseignants, parents d’élèves, anciens élèves et élèves à partir du niveau du lycée). Ce n’est qu’une fois que l’Eglise sera sûre que les élus de ces comités exécutifs «partagent la vision " de l’Eglise dans le domaine de l’éducation que le diocèse pourra «se préparer à appliquer» les nouvelles dispositions législatives.

Par cette lettre, l’évêque de Hongkong affirme qu’il ne «cherche pas la confrontation» avec le gouvernement. Il souhaite seulement «préserver la tradition catholique dans le domaine de l’éducation», un domaine où l’Eglise est très présente. Avec 317 établissements scolaires (cycles primaire et secondaire), l’Eglise scolarise environ le quart des jeunes Hongkongais. (apic/eda/vb)

webmaster@kath.ch

Portail catholique suisse

https://www.cath.ch/newsf/hong-kong-l-eveque-de-hongkong-s-oppose-a-la-recente-loi-sur-l-education/