Bélarus: Le président Loukachenko lance un nouvel oukase pour les enfants de Tchernobyl
Bielefeld, 6 décembre 2004 (Apic) Les enfants victimes de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl ne doivent pas se rendre en Occident pour se faire soigner. Telle est du moins la décision du président biélorusse Alexandre Loukachenko. Plusieurs organisations luthériennes allemandes ont protesté contre l’oukase du maître de Minsk.
Le président du Bélarus a en effet déclaré qu’il voulait tenir les enfants du Bélarus à l’écart des influences de la société de consommation occidentale. «Je suis choquée de voir comment ce politicien se comporte envers les enfants», a déclaré l’évêque Margot Kässmann, de l’Eglise évangélique luthérienne du Hanovre, la plus grande Eglise protestante de la Basse-Saxe.
Depuis 1990, son Eglise accueille un millier d’enfants du Bélarus chaque année. Ils passent un mois de vacances en Allemagne dans des familles de paroissiens pour reprendre des forces et se remettre des effets de la pollution qui persiste depuis la catastrophe de Tchernobyl en 1986.
Déjà 15’000 enfants accueillis pendant un mois en Allemagne
Les séjours sont organisés par des paroisses, des institutions religieuses provinciales et d’autres organisations d’Eglises en Allemagne. Au total, plus de 15’000 enfants ont été accueillis dans des familles, précise le Synode de l’Eglise. A la correspondante de l’agence oecuménique ENI, Margot Kässmann estime que «la confiance qui a été établie en Europe a été brisée. Or, la confiance réciproque et l’amitié européenne sont nécessaires. Et ce sont les enfants qui en souffrent.»
Dans une déclaration du 24 novembre, le synode de l’Eglise a rejeté l’accusation selon laquelle les enfants sont exposés à des influences néfastes. Il a appelé le président Loukachenko à lever les restrictions sur ces visites qui ont apporté «une contribution importante entre la réconciliation et l’entente entre les Allemands et les Biélorusses.» Burkhard Homeyer, président de l’association «Enfants de Tchernobyl en Allemagne», a déclaré à la presse que l’interdiction du président Loukachenko enfreignait trois points de l’accord conclu en 1994 entre l’Allemagne et le Bélarus concernant la coopération dans l’organisation de séjours de santé. (apic/eni/be)
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