Lausanne: Occupation symbolique de la basilique par les sans papiers

L’Eglise catholique solidaire des «sans papiers»

Lausanne, 15 décembre 2004 (Apic) Une délégation de clandestins, d’origine sud-américaine principalement, occupe symboliquement depuis mercredi matin la basilique Notre-Dame du Valentin, à Lausanne.

Manifestant le soutien du diocèse de Genève, Lausanne et Fribourg à cette initiative, Mgr Rémy Berchier, vicaire général du diocèse, a demandé aux autorités fédérales de traiter les «sans-papiers» comme des personnes et pas comme des cas administratifs.

Une heure après l’occupation de la basilique du Valentin par quelques dizaines de personnes, un point de presse du collectif des «sans papiers» présidé par l’avocat Jean-Michel Dolivo a expliqué le sens de cette démarche: les récentes décisions fédérales contre les 223 clandestins menacés de mesures de contrainte dès demain jeudi 16 décembre, alors qu’ils ont révélé de bonne foi leur identité aux autorités.

Au nom de Mgr Bernard Genoud, évêque du diocèse, Mgr Rémy Berchier a fait savoir «qu’à moins de dix jours de Noël, nous ne pouvons oublier que Jésus et ses parents se sont réfugiés dans une étable de Bethléem, faute d’accueil sur place».

Attitude inadmissible

Le responsable de l’Eglise catholique en Pays de Vaud a encore relevé que des familles entières ont accepté de «s’auto-dénoncer», faisant confiance aux autorités vaudoises qui ont déjà préavisé positivement leurs demandes de régularisation. «Ces personnes leur ont fait confiance et elles sont bafouées. Nous considérons cette mise sous pression inadmissible et demandons un dialogue pour des solutions humaines, dignes et honorables.» En tant que président du Conseil synodal de l’Eglise réformée vaudoise (EERV), Henri Chabloz a également exprimé son soutien à ce message. «Il s’agit de faire respecter les droits de l’homme». L’abbé Jean-Robert Allaz, curé de la paroisse du Valentin, s’est associé à la détresse des manifestants, rappelant que «quand le pauvre appelle, le Seigneur répond».

Trois Sud-américains établis en Suisse depuis de nombreuses années avec leur famille, ont raconté avec beaucoup d’émotion leur vie de clandestins, menacés aujourd’hui quotidiennement d’être expulsés. «Etablie ici depuis douze ans, j’ai toujours travaillé, cotisé et payé des impôts», a raconté une jeune Equatorienne, des sanglots dans la voix. Des représentants de la Coordination Asile, des syndicats et du Grand conseil vaudois ont encore fait part de leur soutien.

Avec cette manifestation, les sans papiers et le collectif de soutien entendaient montrer leur détermination face aux renvois imposé par Berne. Près de 300 personnes doivent quitter la Suisse. Parmi les dossiers transmis à la Confédération par le service de la population du canton, 136 personnes ont reçu un permis humanitaire, alors qu’entre 250 et 300 personnes ont été refusées et doivent désormais quitter le pays, relève l’avocat Dolivo. «Et toutes ces familles répondent aux critères de la circulaire Metzler». PR

Les illustrations de cet article sont à commander à l’agence CIRIC, Bd de Pérolles 36 – 1705 Fribourg. Tél. 026 426 48 38 Fax. 026 426 48 36 Courriel: ciric@cath.ch (apic/jbw/pr)

webmaster@kath.ch

Portail catholique suisse

https://www.cath.ch/newsf/lausanne-occupation-symbolique-de-la-basilique-par-les-sans-papiers/