Bethléem se vide de ses chrétiens

Bethléem: En raison de la mort d’Arafat, Noël fêtée modestement dans la ville de la Nativité

Bethléem, 17 décembre 2004 (Apic) Malgré la mort de Yasser Arafat, Bethléem fêtera tout de même Noël cette année. Mais la fête sera modeste, car la ville de la Nativité porte toujours le deuil du président palestinien, affirme le maire catholique de Bethléem, Hanna Nasser. Bethléem doit de plus faire face à une vague d’émigration comme jamais auparavant.

Certes, admet Hanna Nasser, la question de l’émigration est très ancienne. Le départ des habitants de la ville sainte a débuté dès la fin du 19e siècle. «Mais nous n’avons jamais été témoins d’un temps si difficile – du point de vue économique – que ces quatre dernières années, depuis le début de la seconde intifada», la révolte palestinienne contre l’occupation israélienne. Le maire de Bethléem confirme le départ définitif, depuis l’an 2000, de quelque 2’400 chrétiens. «Ils ont perdu leur travail et ont dû s’en aller», a-t-il confié à l’Apic.

Cette année, la ville sera tout de même décorée, malgré la mort du président Arafat, mais la fête restera modeste. «Noël est la fête de la joie et de l’amour, de la tranquillité et de la stabilité, et Bethléem est une ville unique au monde. C’est la ville de la paix où notre Seigneur Jésus Christ est né. Il est le prince de la paix, depuis 2’000 ans. Mais aujourd’hui la paix manque à Bethléem.».

Pas de chaise vide cette année à la Basilique de la Nativité

La ville sera décorée – avec son sapin de Noël et ses guirlandes sur la place de la crèche – et les choeurs seront également de la partie. Mais tout sera préparé à la dernière minute, car la ville est encore en période de deuil en raison de la mort du président Arafat. Cette année, par contre, il n’y aura pas de chaise vide à la Basilique de la Nativité – celle de Yasser Arafat, prisonnier ces dernières années dans son quartier général de la moukhata à Ramallah – car un représentant de l’Autorité palestinienne est attendu. Il participera à la messe de minuit, comme c’est la tradition.

La ville de la Nativité comptait autrefois une grande majorité de chrétiens. En 1948, avant la fondation de l’Etat d’Israël, Bethléem comptait 95% de chrétiens, mais le chiffre est descendu à 35% aujourd’hui. Le changement a eu lieu lors de l’arrivée des déplacés venus du sud, qui se sont installés dans trois camps de réfugiés. Pourtant, souligne Hanna Nasser, «comme maire de Bethléem depuis 7 ans, j’aimerais souligner que la ville est un modèle de réconciliation et de cohabitation entre musulmans et chrétiens». (apic/kna/be)

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