Rome: Congrès de la Vie consacrée, hommage aux martyrs en Amérique latine

La «civilisation de la pauvreté» interpelle les religieux

Rome, 25 novembre 2004 (Apic) Le Congrès international de la Vie consacrée qui se termine samedi 27 novembre et réunit 850 religieux et religieuses du monde entier se penche sur les martyrs religieux de la dernière décennie. En particulier en Amérique latine.

Le Congrès international de la Vie consacrée, qui réunit les délégués de plus d’un millions de religieux et de religieuses jusqu’au 27 novembre à Rome, a commémoré dans la basilique Santa Maria in Trastevere les martyrs religieux de la dernière décennie, en citant le théologien Karl Barth. " Prier est le début d’une révolte contre le désordre du monde «.

Parmi les nombreux martyrs à qui on a rendu hommage, Ignacio Ellecuria, assassiné en 1989 avec ses compagnons jésuites au Salvador, «représente bien l’exigence profonde qui anime la vie consacrée : contribuer à rendre possible un monde différent, ici et maintenant, dans l’attente du Royaume». Faisant allusion au Forum Social Mondial, les participants y voient la preuve qu’»un autre monde est possible «.

Dominicains, Jésuites, Filles de Marie-Auxiliatrice, Franciscains, Bénédictins, ainsi que d’autres Ordres et Congrégations, sont partie prenante d’»un grand processus orienté vers un monde différent», déclare un communiqué du Congrès. «Des martyrs, notamment en Amérique Latine, ont été tués parce qu’ils contestaient les conditions de vie de la population dans une situation d’injustice. Ils le ne faisaient pas pour eux-mêmes mais pour les gens, surtout les plus vulnérables». Cet engagement de religieux côté des mouvements sociaux civils a été encouragé pendant les travaux du Congrès.

Un adepte de la théologie de la libération

L’engagement du père Ellecuria, l’année où il a été assassiné, témoigne de la recherche théologique qui a vu le jour parmi les souffrances d’un peuple, mais qui s’est inspirée aussi des réflexions de la théologie de la libération. " Ce n’est que grâce à l’utopie et à l’espérance – affirmait-il – qu’on peut inverser le cours de l’histoire».

Le père John Sobrino, qui a échappé par pur hasard au massacre de ses confrères, a parlé de la " civilisation de la pauvreté «, telle que le jésuite Ellecuria la nommait, par opposition à la " civilisation de la richesse, et non parce qu’elle entend promouvoir l’idéal de la pauvreté universelle " a-t-il précisé.

Cette conception de la société refuse " l’accumulation du capital comme moteur de l’histoire et la possession de la richesse comme principe d’humanisation ; elle considère la satisfaction universelle des besoins primordiaux comme étant le principe du développement. La solidarité partagée étant le fondement de l’humanisation». La civilisation de la richesse, déclare le père Sobrino, a échoué, car elle n’arrive à civiliser que dans la mesure où elle fait recours à la force. Son échec, notamment dans l’instauration de relations justes avec le Tiers-Monde, est patent.

«Seule une civilisation capable de satisfaire les besoins fondamentaux de chacun peut garantir un monde différent. L’alliance nécessaire avec les pauvres de la terre, doit être l’un des buts de la Vie consacrée. Sans un " supplément d’âme " les civilisations meurent de l’intérieur, même lorsqu’elles sont puissantes, a déclaré pour sa part le jésuite brésilien Joao Libanio (apic/vid/vb)

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