Pour 3 canonisations et 9 béatifications

Rome: Une série de décrets reconnaissant des miracles

Rome, 20 décembre 2004 (Apic) Les 22 nouveaux décrets reconnaissant les miracles pour trois canonisations et neuf béatifications mettent particulièrement en lumière la Pologne, l’Ukraine et la lutte contre les persécutions nazies.

Sur proposition de la Congrégation pour la cause des saints, Jean-Paul II a promulgué, le 20 décembre 2004, 22 décrets reconnaissant trois miracles nécessaires à des canonisations. Il a également promulgué huit miracles en vue de béatifications, un martyr, et dix décrets reconnaissant des vertus héroïques. Ces décrets concernent cinq Polonais -que le pape pourrait élever à la gloire des autels lors d’un éventuel voyage en juin dans son pays natal-, quatre Ukrainiens nés en Pologne, un Letton mort en Belgique, cinq Italiens, deux Allemands, deux Espagnols, le Français Charles de Foucauld, une Portugaise, une Américaine. Aucun laïc ne fait partie de ces nouveaux décrets.

La Pologne et l’Ukraine, dont les Eglises sont historiquement liées, apparaissent à l’honneur dans cette série de décrets. Ainsi, un miracle en vue de sa canonisation a été reconnu à Joseph Bilczewski(1860-1923). Cet archevêque des catholiques de rite latin d’Ukraine est né en Pologne. Professeur de théologie à l’université de Lviv il en devient archevêque en 1900. Durant la Première guerre mondiale et au cours des conflits qui ont vu la naissance de l’Union soviétique, il est un point de référence pour les catholiques, les orthodoxes et les juifs.

Sigismond Gorazdowski(1845-1920) pourra bientôt lui aussi être canonisé. Prêtre de l’archidiocèse de Lviv des Latins en Ukraine, il rédige un catéchisme populaire, fonde un journal et diverses institutions caritatives, en particulier la Congrégation des soeurs de saint Joseph en faveur des pauvres et des malades.

Bienheureux sans miracle

Quant au prêtre polonais Ladislaw Findysz (1907-1964), il a été déclaré martyr de l’Eglise. Il pourra ainsi être fait bienheureux sans la reconnaissance d’un miracle. Exerçant son sacerdoce durant la Seconde guerre mondiale et sous le régime communiste, il est emprisonné en 1963. Maltraité durant son incarcération, empêché d’être soigné, il est libéré mais meurt quelques mois plus tard, suite à ces mauvais traitements.

Le salésien polonais Bronislaw Markiewicz (1842-1912), fondateur de la Congrégation de l’archange saint Michel pourra également être bientôt béatifié.

Par ailleurs, les vertus chrétiennes exercées de façon héroïque ont été reconnues à Michel Sopocko (1888-1975), né à Vilnius en Lituanie. Il est connu pour être le confesseur de la religieuse polonaise soeur Faustine Kowalska.

Le prêtre polonais Ignace Klopotowski (1866-1931) a aussi été déclaré vénérable. Il a exercé son sacerdoce à Varsovie et a fondé les soeurs de la bienheureuse Vierge Marie de Lorette. La religieuse polonaise Maria Merkert (1817-1872), qui soignait les pauvres à domicile, a également été déclarée vénérable. Cette dernière a participé à la fondation des soeurs de sainte Elisabeth, dont elle a été la première supérieure.

Enfin, la religieuse Marta Wiecka (1874-1904) est née en Pologne et morte en Ukraine où, comme infirmière, elle a soigné les malades du typhus, maladie à laquelle elle a succombé. Quant à la dominicaine Maria Colomba Bialecka (1838-1887), elle est née en Ukraine et a fondé la congrégation des soeurs du tiers ordre dominicain pour l’assistance aux infirmes et pour l’enseignement du catéchisme.

Eglises du silence

Jean Paul II s’est toujours montré très attentif aux ’Eglises du silence’, victimes de la guerre et de la période communiste. Ainsi, Mgr Boleslaw Sloskans (1893-1981) a aussi été reconnu vénérable. Né en Lettonie alors sous domination russe, prêtre sous le régime socialiste, il a été administrateur apostolique de Mohilev et de Minsk (aujourd’hui capitale de la Biélorussie). Persécuté, emprisonné, il est déporté en Sibérie. De 1947 à sa mort, il a résidé en Belgique.

Un cardinal et un religieux allemands, qui ont combattu ou ont été victimes du nazisme, ont aussi été intégrés à ces décrets. Ainsi, un miracle en vue de sa béatification a été reconnu au cardinal allemand, opposant au nazisme, Clement August von Galen (1878-1946). Parfois surnommé le ’Lion de Münster’, il dénonçe en chaire les arrestations et les agressions des nazis contre les malades et les juifs.

Créé cardinal au lendemain de la guerre, il est mort peu de temps après, atteint d’une péritonite. L’Allemand Titus Horten (1882-1936) a, quant à lui, été fait vénérable. Prêtre dominicain, il fut victime des persécutions nazies contre l’Eglise et meurt en prison. Un miracle en vue de la canonisation du prêtre italien Gaetano Catanoso (1879-1963) a été d’autre part reconnu.

Celui-ci a exercé son ministère dans l’archidiocèse de Reggio Calabria- Bova, dans le sud de la Péninsule. Il est le fondateur des soeurs de Véronique de la Sainte face. Quatre religieuses pourront également être béatifiées. La Portugaise Rita Amada de Jesus (1848-1913) a fondé l’Institut des soeurs de Jésus, Marie et Joseph, en charge d’un collège pour enfants pauvres. La carmélite italienne Maria Crocifissa Curcio (1877-1957) a créé près de Rome la congrégation des carmélites missionnaires de sainte Thérèse de l’enfant Jésus. Quant à l’Espagnole Asuncion Del Corazon de Jesus (1868-1940), elle a appartenu au tiers ordre dominicain. Elle a fondé au Pérou la congrégation des soeurs du saint rosaire et en a été la première supérieure générale.

Charles de Foucauld bientôt béatifié

Un miracle en vue de leur béatification ont aussi été reconnus au Français Charles de Foucauld (1858-1916) et au prêtre italien Luigi Biraghi (1801- 1879), fondateur de la Congrégation des soeurs de sainte Marcelline.

Enfin, un miracle en vue de sa béatification a été reconnu à la religieuse américaine Mary Anna Cope (1838-1918). Née en Allemagne, immigrée aux Etats- Unis, elle rejoint l’ordre franciscain et se dévoue aux lépreux de l’île de Molokai (Etat d’Hawaï).

Font aussi partis des nouveaux vénérables de l’Eglise, Mgr Luigi Maria Olivares (1873-1943), prêtre salésien qui a exercé son ministère à Milan puis à Rome, l’Italien Virgilio Angioni (1878-1947) qui s’est consacré aux enfants dans le besoin et a fondé la congrégation des filles de Marie Mère de la providence divine et du bon pasteur. Enfin le religieux Mariano De La Mata Aparicio (1905-1983) est né en Espagne, mais a exercé son ministère au Brésil. (apic/imedia/hy/vb)

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