L’Eglise accusée de s’éloigner de l’esprit du Concile Vatican II
Melbourne, 22 décembre 2004 (Apic) Désillusionnés par le cours «dictatorial» que prendrait la hiérarchie de l’Eglise catholique en Australie, deux prêtres catholiques australiens ont déclaré qu’elle manquait de compassion, retardait, et s’éloignait de l’esprit du Concile Vatican II.
Les Pères Len Thomas, d’Ivanhoe West, et Peter Foley, de Belmont, ont déploré dans l’édition de mardi du quotidien australien «The Age» que leur Eglise s’éloignait de Vatican II, le Concile qui a cherché à moderniser l’Eglise dans les années 1960.
Le Père Foley estime que le cardinal George Pell, archevêque de Sydney et premier prélat catholique d’Australie, a une attitude qui veut dire: «si vous n’êtes pas avec nous, vous êtes contre nous». A ses yeux, les catholiques australiens doivent maintenant faire face à un évident manque de tolérance.
Le cardinal Pell fut archevêque de Melbourne, dans l’Etat du Victoria, le diocèse où le Père Foley oeuvre depuis 42 ans. Le prêtre âgé de 68 ans dit ne pas craindre les sanctions de la part du successeur du cardinal Pell, Mgr Denis Hart. «C’est un cri du coeur. Je ne veux pas la notoriété», a-t-il lancé. Le vicaire-général de Melbourne, Mgr Les Tomlinson, porte-parole de l’archevêque Hart, estime que les vues des prêtres contestataires ne sont pas considérées comme universelles. «Il peut s’agir ici d’une question relevant d’un problème personnel qui peut les avoir frustrés», a-t-il déclaré.
Hyper-centralisme et manque de consultation de la base
Les deux prêtres australiens, qui ont envoyé leur protestation sur le site internet catholique indépendant http://onlinecatholics.com.au, se plaignent du contrôle centralisé excessif dans l’archidiocèse de Melbourne et au niveau international, et un manque de consultation de la base. Ils déclarent qu’il y a un fossé entre «la cathédrale et les bureaucrates du Vatican» d’un côté, et les simples prêtres et les gens de l’autre. Ils déplorent le manque de «compassion et de diversité» quand les prêtres reçoivent «des directives froides et tranchantes, habituellement à propos de la liturgie, alors que manque la vision pastorale».
Kate Mannix, la responsable du site internet australien «OnlineCatholics», estime que ces prêtres luttent pour leur droit à l’expression libre, le droit canon stipulant qu’ils ont tout à fait le droit de faire valoir leurs inquiétudes à l’attention de leurs pasteurs. (apic/age/be)
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