Les blessées encore à l’hôpital militaire de N’Djamena

Tchad: Enquête sur la soeur française assassinée

N’Djamena, 28 décembre 2004 (Apic) Une enquête a été ouverte sur les circonstances du meurtre de la soeur française de la Congrégation de Notre- Dame des Apôtres dans la nuit du 25 décembre.

L’enquête est en cours, au Tchad, pour trouver les responsables de l’agression dans laquelle a été tuée la soeur française de la Congrégation de Notre-Dame des Apôtres et trois consoeurs blessées, dont l’italienne Margherita Alberti, 64 ans. Le véhicule à bord duquel elles se trouvaient a été atteint par une rafale de coups de feu tirés par des bandits de grand chemin, qui rançonnent les voyageurs, dits «coupeurs de route».

Selon des témoignages, ces derniers ont pris la fuite sans même s’approcher du véhicule, sans doute surpris d’avoir leu affaire à des religieuses. L’agression est survenue à environ 85 kilomètres au sud de la capitale N’Djamena. Au Tchad, on ne circule habituellement pas de nuit, mais des éclaircissements sur place, les quatre religieuses étaient en route pendant la nuit de Noël entre Sahr – où est située la Congrégation – et Bousso où une soeur était en proie à une poussée de fièvre, supposée être une attaque de malaria.

Soeur Philippon, assise sur le siège arrière, touchée en plein coeur

Contrairement aux informations ayant circulé dans un premier temps, ce n’est pas Soeur Christiane Philippon, 58 ans, la religieuse touchée en plein coeur et tuée, qui se trouvait au volant, mais Monique Subeiga, 40 ans, originaire du Burkina Faso. Soeur Philippon était en revanche assise sur le siège arrière. Les trois religieuses blessées par d’autres projectiles aux membres inférieurs et au thorax ont été conduites dans la capitale par un automobiliste de passage. Elles se trouvent encore à l’hôpital militaire de N’Djamena, où elles ont reçu des soins et sont hors de danger. Des projectiles ont été extraits de leurs jambes et d’un bras de Soeur Subeiga et d’Yvonne Boisseau, 69 ans, tandis que des éclats de balles dans le thorax ont été retirées à Soeur Margherita, que l’on avait d’abord crue indemne.

Fondée en 1876 par père Augustin Planque, de la Société des missions africaines (SMA), la congrégation Notre-Dame des Apôtres compte 900 religieuses actives dans 20 pays, surtout en Afrique, principalement dans le secteur de la santé et de l’instruction. Une structure sanitaire spécialisée en soins et prévention du virus du sida se trouve à Sahr. L’ex- provinciale de la Congrégation pendant 10 ans en Italie et ex-vice présidente de la CIMI (Conférence des instituts missionnaires italiens) Soeur Alberti, qui est infirmière, y travaille également. En 1995, deux soeurs de cette même congrégation avaient été tuées en Algérie et une autre en 1996, au Nigeria. Récemment, une soeur était morte de malaria Selon les renseignements recueillis, ce fait explique la sollicitude avec laquelle les religieuses se sont mises en route pour Bousso afin de venir en aide à leur consoeur malade. (apic/misna/vb)

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