Rwanda: Rapport de la Caritas de Kigali sur la pauvreté
Kigali, 28 décembre 2004 (Apic) Le bureau de Caritas à Kigali,au Rwanda, organe de l’Eglise catholique, évoque l’insuffisance des terres qui pose des problèmes dans ce pays dit des Milles collines. Les nombreux Rwandais rentrés chez eux et qui continuent à revenir ne retrouvent pas de terres et affluent vers les villes.
D’autres parmi ces Rwandais de retour payent la facture de l’expansion des villes, qui, selon le rapport du bureau de Caritas de l’archidiocèse de Kigali, «sont obligés de céder leurs terres à de riches personnes, à des promoteurs ou autres opportunistes. Dans les campagnes, les veuves ou les femmes dont le mari est emprisonné n’arrivent pas à joindre les deux bouts.
Contraints de mendier
Les hommes préfèrent aussi fuir ces campagnes vers les villes, indique l’Agence africaine DIA: ils sont les premiers suspects de complicité avec «les forces négatives» à chaque incident. Ceux qui sont arrivés en ville n’ont pas l’intention d’en répartir. Des jeunes gens bien portants se sont vus également contraints de mendier. Certains d’entre eux se montrent agressifs et avec l’argent recueilli vont boire, fumer ou se droguer. Les jeunes femmes se retrouvent vite enceintes.
En ville, quand les activités s’interrompent et que rien ne permet de vivre dans les campagnes, essentiellement à Kigali la capitale, les cultivateurs espèrent travailler dans un des chantiers en construction. Mais sans grands espoirs, ou alors exploités.
Significatifs témoignages
Selon le rapport du bureau de Caritas-Kigali, cité par DIA, seules les organisations caritatives apportent leur assistance aux mendiants. Le gouvernement de Kigali souhaite s’en débarrasser. Mais sans grand succès. Pour un agent de l’Ong caritative «Norvegian People», «les pouvoirs publics feraient mieux de mettre en place de sérieux mécanismes d’encadrement pour les orphelins du génocide, mais aussi des militaires handicapés et démobilisés, en faveur enfin de nombreuses femmes seules, ou dont les maris croupissent en prison.
Et Dia cite ces deux témoignages. L’un émane d’un jeune mendiant: «Je suis en cinquième année du secondaire. Depuis que j’ai perdu mes parents en 2001, je suis obligé de jouer «la scène du muet», et mendier par mimes ou écrit, afin de gagner les frais de scolarité et le matériel scolaire». L’autre vient d’une vieille femme, mendiante dans la capitale rwandaise: Nous venons tous en ville à la recherche de nos besoins vitaux: nourriture, hébergement, habillement, soins de santé.
Lisbonne: 27e Rencontre de Taizé, les jeunes ex-Yougoslaves réunis par le mouvement
«Je ne croyais pas que toutes les nations pouvaient être amies»
Lisbonne, 28 décembre 2004 (Apic) La 27e Rencontre européenne de Taizé, qui se déroule dès mardi 28 décembre dans la capitale portugaise, rassemble 40’000 jeunes. Y compris des enfants de l’Est, et beaucoup de jeunes Serbes, qui découvrent l’oecuménisme vécu.
Venu à la 27e Rencontre européenne organisée à Lisbonne du 28 décembre au 1er janvier, Predrag Krstic, 25 ans, Serbe et orthodoxe, a connu la communauté de Taizé, au sortir de la guerre en ex Yougoslavie. Comme il le raconte à l’envoyé spécial du journal catholique La Croix, il a fait son premier rassemblement de Taizé en 2000. «C’était difficile, explique-t-il, parce qu’entre Croates, Bosniaques et Serbes, nous n’avions pas les mêmes opinions. Je ne croyais pas que toutes les nations pouvaient être amies. Avec Taizé, il n’y a plus de divisions, avec d’un côté les orthodoxes, de l’autre les catholiques ou les protestants. On est chrétiens. La communauté de Taizé est un signe de paix.»
Responsable d’un groupe de jeunes Serbes participant à cette 27e édition de la Rencontre européenne organisée par la communauté de Taizé, fondée en 1940 par Frère Roger, Predrag Krstic constate que «de plus en plus de monde vient de Serbie». Ils sont 2’000 à avoir fait le voyage jusqu’à Lisbonne cette année.
Taizé a changé mon point de vue sur les orthodoxes
«Orthodoxes et catholiques ensemble, souligne Frère Émile, porte-parole de la communauté de Taizé, c’est encore assez rare». De fait, la réconciliation commence souvent à l’étranger, «hors du contexte d’origine» souligne-t-il. Andjelka Fitz, une Croate catholique de 26 ans, affirme: «c’est aux rassemblements de Taizé que j’ai appris à respecter les autres religions, témoigne la jeune fille, qui a inauguré sa première Rencontre de Taizé à Vienne, en 1997. Même expérience pour Sinisa Skocibusic, 23 ans, catholique de Mostar (Bosnie-Herzégovine), dont la première rencontre avec Taizé date de 1999 : «C’était difficile mais aussi rafraîchissant : on discutait de foi et de religion, enfin dans une atmosphère de paix. Hors de notre contexte politique. Cela a changé mon point de vue sur les orthodoxes : j’ai compris les bases de leur religion, j’ai compris leur histoire, et ça m’a aussi rendu plus solide dans ma foi catholique.»
Musulmans de Mostar, orthodoxes de Kiev.
Les rencontres européennes ne touchent pas seulement les chrétiens : trois musulmans sont partis de Mostar avec le groupe de Sinisa. «Mais Taizé n’a pas encore changé grand-chose à Mostar, où vit une grosse majorité de musulmans», lance-t-elle.
Le thème que Frère Roger, de Taizé, reprend dans sa lettre, écrite pour le rassemblement, s’intitule «Un avenir de paix». Pour Frère Emile, «la paix, c’est du long terme, mais on voit déjà des résultats dans certains pays de l’Est».
40’000 jeunes – dont 20’000 Portugais, 6’000 Polonais et 1’000 Français – sont accueillis, dans des familles des trois diocèses de Lisbonne, Santarem et Setubal. Des Ukrainiens, orthodoxes et gréco-catholiques, ont aussi fait le déplacement cette année, comme Oleg Rybalka, 26 ans, orthodoxe, un des chefs de groupe, qui était il y a encore quelques jours «dans les manifestations» pour la présidentielle en Ukraine, d’où a émergé finalement la victoire du pro-occidental Viktor Iouchtchenko. C’est à l’ambassade d’Ukraine à Lisbonne qu’il est allé voter ce dimanche pour le «second tour bis» de l’élection.
Le 2 janvier, la communauté de Taizé se retrouvera au monastère des Jeronimos avec de nombreux jeunes pour une messe retransmise sur RTP et France 2. Elle sera présidée par le patriarche de Lisbonne, le cardinal José Policarpo. Avec une méditation de Frère Roger. (apic/lcx/vb)
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