Rome: Décès du jésuite belge Jacques Dupuis

Le Saint-Siège avait réfuté « sa » théologie du salut

Rome, 29 décembre 2004 (Apic) Le jésuite belge Jacques Dupuis est décédé le 28 décembre dans un hôpital de Rome, à l’âge de 81 ans, des suites d’une hémorragie cérébrale, indique ucanews. Le Saint-Siège avait réfuté de lui « sa » théologie du salut.

En février 2001, la Congrégation pour la doctrine de la foi avait publié une « note » contestant un certain relativisme dans sa conception théologique du salut. Il avait exposé ses thèses dans son ouvrage « Vers une théologie chrétienne du pluralisme religieux », publié en 1997.

Le père Jacques Dupuis était directeur de la revue théologique « Gregorianum » et avait été consulteur auprès du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux. Il avait par ailleurs résidé en Inde de 1948 à 1984 et enseigné à la Faculté de théologie de Delhi.

Après les conclusions rendues sur son ouvrage par la Congrégation pour la doctrine de la foi, le jésuite avait décidé de cesser d’enseigner à l’université pontificale grégorienne, où il était professeur depuis 1984. Il avait de lui-même interrompu ses cours de christologie en 1998. Il voulait alors se consacrer à la rédaction des réponses aux réfutations émises par la Congrégation autour de ses thèses sur la place et le rôle des autres religions dans le salut de l’homme.

Ainsi, la notification publiée par le Saint-Siège en février 2001 reprenait les questions soulevées par le livre du père Dupuis au sujet de « l’interprétation de la médiation salvifique unique et universelle de Jésus Christ, l’unicité et la plénitude de la Révélation dans le Christ, l’action salvifique de l’Esprit Saint, l’ordination de tous les hommes à l’Eglise, la valeur et la signification de la fonction salvifique des religions ».

« Graves ambiguïtés »

La Congrégation dirigée par le cardinal Joseph Ratzinger avait alors relevé dans son document de quatre pages en français de « graves ambiguïtés » et des « difficultés » dans la théologie du jésuite. Après trois refus, ce dernier avait finalement signé ce texte, approuvé par Jean Paul II. Il s’était alors engagé à « reconnaître les thèses énoncées et à s’en tenir à l’avenir (.) aux contenus doctrinaux » indiqués par la Congrégation pour la doctrine de la foi.

Dans sa réfutation, la Congrégation rappelait que le salut « de toute l’humanité » est accompli « dans et par Jésus-Christ, Fils incarné du Père ». Elle exposait aussi qu’il était « contraire à la foi » de considérer la révélation comme « limitée, incomplète ou imparfaite » et de voir les diverses religions du monde comme des « voies complémentaires à l’Eglise pour ce qui est du salut ».

La note vaticane concluait en rappelant que « les textes sacrés des autres religions ne peuvent être considérés comme complémentaires à l’Ancien Testament, qui est la préparation immédiate à l’événement du Christ ».

« Nous sommes tous d’accord avec la première partie des propositions, mais la seconde partie était dirigée explicitement contre mon livre alors que je ne présente pas ces thèses fausses », avait déclaré à la presse le Père Dupuis, au lendemain de la publication du document.

La Congrégation pour la doctrine de la foi avait déjà publié un document exposant la doctrine de l’Eglise catholique sur le salut apporté par le Christ et les religions non-chrétiennes, en 1997, au moment de la sortie du livre de Jacques Dupuis. La Congrégation avait à nouveau abordé cette question en publiant la déclaration « Dominus Jesus », le 5 septembre 2000. C’est sur ce dernier document que s’appuyait la réfutation des thèses exposées par le jésuite. (apic/imedia/hy/pr)

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